{"id":105,"date":"2023-11-10T10:00:38","date_gmt":"2023-11-10T09:00:38","guid":{"rendered":"https:\/\/autodefense.anarchomachie.org\/?p=105"},"modified":"2023-11-10T10:00:38","modified_gmt":"2023-11-10T09:00:38","slug":"la-dialectique-de-la-guerilla","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/autodefense.anarchomachie.org\/index.php\/la-dialectique-de-la-guerilla\/","title":{"rendered":"La dialectique de la gu\u00e9rilla"},"content":{"rendered":"<p>par Abraham Guillen<\/p>\n<p>traduit par le site le Caf\u00e9 Anarchiste: https:\/\/le-cafe-anarchiste.info\/la-dialectique-de-la-guerre-abraham-guillen\/<\/p>\n<p>Abraham Guillen: (13 mars 1913 \u2013 1er ao\u00fbt 1993), \u00e9tait un \u00e9crivain, \u00e9conomiste et \u00e9ducateur espagnol. Il \u00e9tait un v\u00e9t\u00e9ran de la guerre civile espagnole, influenc\u00e9 par l\u2019 anarchisme[1] . il fut l\u2019un des \u00e9crivains r\u00e9volutionnaires les plus prolifiques d\u2019Am\u00e9rique latine dans les ann\u00e9es 1960.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 class=\"western\" align=\"center\">LES CAT\u00c9GORIES DE L\u2019ART MILITAIRE<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Une arm\u00e9e est compos\u00e9e de parties qui forment un tout. Certaines de ces parties peuvent \u00eatre d\u00e9truites au cours de certaines campagnes, mais si vous savez comment faire la guerre de mani\u00e8re strat\u00e9gique, l\u2019arm\u00e9e ne sera jamais isol\u00e9e pour \u00eatre an\u00e9antie.<\/p>\n<p>La philosophie de la guerre conseille de ne jamais entrer dans une bataille probl\u00e9matique: il faut mener une bataille d\u00e9cisive lorsque l\u2019on est s\u00fbr de la victoire, gr\u00e2ce \u00e0 des connaissances strat\u00e9giques.<\/p>\n<p>Une insurrection arm\u00e9e contre l\u2019\u00c9tat bourgeois ne doit pas se d\u00e9cha\u00eener si les conditions r\u00e9volutionnaires objectives et subjectives ne sont pas en place; c\u2019est-\u00e0-dire si la logique des faits et des lois historiques n\u2019op\u00e8re pas encore en faveur du mouvement r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<p>Si une arm\u00e9e r\u00e9volutionnaire n\u2019est pas puissante, sa strat\u00e9gie consiste \u00e0 mener des op\u00e9rations offensives et d\u00e9fensives qui fournissent, au quotidien, ses propres petites victoires et des d\u00e9faites \u00e0 l\u2019ennemi. Cette strat\u00e9gie doit \u00eatre pratiqu\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 ce que la corr\u00e9lation des forces en pr\u00e9sence soit favorable \u00e0 l\u2019Arm\u00e9e populaire de lib\u00e9ration. Lors de la premi\u00e8re phase de la guerre r\u00e9volutionnaire, il faut \u00e9viter d\u2019\u00eatre la cible des armes lourdes ennemies: il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de rester un objectif militaire, coll\u00e9 au sol. Contre la tactique de l\u2019ennemi, qui veut an\u00e9antir les gu\u00e9rilleros, en une seule bataille, nous devons recourir \u00e0 la strat\u00e9gie du combat dans de nombreuses petites batailles, que l\u2019ennemi doit perdre jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il soit fatigu\u00e9 et d\u00e9moralis\u00e9.<\/p>\n<p>N\u2019obtenez pas de succ\u00e8s tactiques qui constituent, \u00e0 long terme, des d\u00e9faites strat\u00e9giques. Par exemple, l\u2019op\u00e9ration Teruel \u2013 d\u00e9clench\u00e9e par les r\u00e9publicains contre les franquistes en 1938 \u2013 fut, au d\u00e9part, un triomphe tactique; mais, plus tard, elle devint une d\u00e9faite strat\u00e9gique de grande importance, puisque les franquistes, dans leur contre-offensive, coup\u00e8rent le territoire r\u00e9publicain sur deux fronts: le Centre-Sud et la Catalogne-Aragon. Dans une guerre politique, tout n\u2019est pas d\u00e9cid\u00e9 par les armes, \u00e0 la mani\u00e8re des offensives syst\u00e9matiques des pays imp\u00e9rialistes.<\/p>\n<p>Les troupes et le mat\u00e9riel d\u00e9pens\u00e9 par les r\u00e9publicains espagnols dans l\u2019offensive de Teruel et dans la bataille de l\u2019Ebre, les ont laiss\u00e9s \u00e9puis\u00e9s et, par cons\u00e9quent, \u00e0 la merci de l\u2019ennemi, qui a ainsi pu gagner la derni\u00e8re bataille, en raison de l\u2019\u00e9puisement de l\u2019adversaire. L\u2019erreur strat\u00e9gique de ces deux op\u00e9rations est que les r\u00e9publicains aient voulus h\u00e2ter la fin de la guerre en la d\u00e9cidant par les armes; Il \u00e9tait important, de gagner du temps, jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019Europe entre dans la deuxi\u00e8me guerre mondiale, qui \u00e9clate en 1939, pour que les r\u00e9publicains soient en leur faveur avec une contradiction entre d\u00e9mocraties et pays totalitaires.<\/p>\n<p>Pour gagner du temps, en Espagne, la strat\u00e9gie a impos\u00e9 la doctrine de l\u2019\u00e9conomie des forces, passant m\u00eame, si n\u00e9cessaire, par la cr\u00e9ation d\u2019un front discontinu de grandes et petites unit\u00e9s de gu\u00e9rilla. En ce sens, la guerre ne peut \u00eatre gagn\u00e9e que lorsque les conditions internes et externes, qui lui sont inh\u00e9rentes, m\u00fbrissent : aspects \u00e9conomiques, diplomatiques, sociaux et politiques contraires au triomphe de l\u2019adversaire et favorables \u00e0 sa propre cause.<\/p>\n<p>Entre les nations des grandes puissances industrielles, la strat\u00e9gie de l\u2019offensive soutenue ou \u00ab blitzkrieg \u00bb [1], bas\u00e9e sur de grandes batailles, convient ; Entre une nation sous-d\u00e9velopp\u00e9e et une nation industrialis\u00e9e, la strat\u00e9gie de guerre est diff\u00e9rente que celle entre pays imp\u00e9rialistes.<\/p>\n<p>Un pays faible, combattant un pays fort, doit mener une guerre de man\u0153uvre, avec des armes et des unit\u00e9s ligu\u00e9s avec une grande puissance de feu et une grande mobilit\u00e9. Les offensives de gu\u00e9rilla doivent \u00eatre men\u00e9es apr\u00e8s que le service d\u2019information, dans le champ ennemi, indique, avec une rigoureuse pr\u00e9cision, les zones vuln\u00e9rables, isol\u00e9es et dispers\u00e9es de l\u2019adversaire. En principe, il est n\u00e9cessaire d\u2019agir contre des troupes \u00e9quip\u00e9es d\u2019artillerie antichar pour saisir ces armes et les utiliser ensuite, \u00e0 son avantage, contre l\u2019ennemi; Ou bien, compter sur des \u201cbazookas\u201d, avec des mines en plastique antichar et avec de l\u2019artillerie contre une arm\u00e9e m\u00e9canis\u00e9e, comme l\u2019arm\u00e9e nord-am\u00e9ricaine. La guerre de Cor\u00e9e et du Vietnam est un bon test de cette tactique qui nous permet de lutter avantageusement contre un ennemi plus puissant que notre propre arm\u00e9e en mat\u00e9riel de guerre; mais cela avec sa propre charge l\u2019emp\u00eache de se d\u00e9placer agilement sur tous les terrains.<\/p>\n<p>Pour man\u0153uvrer sur le terrain, les propres troupes doivent marcher avec des bagages l\u00e9gers, tandis que l\u2019ennemi (comme c\u2019est le cas des Yankees), est paralys\u00e9 par ses lourds probl\u00e8mes logistiques. Lorsqu\u2019on op\u00e8re contre une arm\u00e9e lourde, l\u2019obtention d\u2019une seule victoire r\u00e9sout, pendant un certain temps, les approvisionnements en nourriture, en armes et en munitions obtenus sous forme de butin. En ce sens, l\u2019administration de l\u2019industrie de guerre et de gu\u00e9rilla ont, en principe, un ennemi. Cette v\u00e9rit\u00e9 conditionne les succ\u00e8s des premi\u00e8res op\u00e9rations de gu\u00e9rilla: l\u2019oublier, c\u2019est cr\u00e9er des contradictions \u00e9conomiques et strat\u00e9giques insolubles, logistiquement, dans son propre camp.<\/p>\n<p>Dans une bonne strat\u00e9gie, il est n\u00e9cessaire de r\u00e9soudre les aspects particuliers des diff\u00e9rents fronts, en ayant une vue d\u2019ensemble des op\u00e9rations. La vraie gu\u00e9rilla doit manger peu et marcher beaucoup; \u00e9conomiser les munitions et la nourriture; apprivoiser la faim, comme la meilleure arme secr\u00e8te contre un ennemi puissant.<\/p>\n<h3 class=\"western\">PRINCIPES DE LA GUERRE SUBVERSIVE<\/h3>\n<p>La r\u00e9solution des probl\u00e8mes strat\u00e9giques et tactiques \u2013 qui sont pr\u00e9sent\u00e9s dans une campagne de lib\u00e9ration anti-imp\u00e9rialiste \u2013 n\u00e9cessite, en bref, de prendre en compte ces principes de guerre r\u00e9volutionnaire:<\/p>\n<ul>\n<li>S&rsquo;opposer \u00e0 tout esprit d\u2019aventure tendant \u00e0 mener \u00e0 des op\u00e9rations offensives non pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9es, \u00e0 l\u2019\u00e9tatisation et \u00e0 la passivit\u00e9 sur toutes les lignes des fronts: cela conduit \u00e0 la d\u00e9faite.<\/li>\n<li>Abandonner la strat\u00e9gie de d\u00e9cision rapide de la guerre, en vous opposant aux longues batailles; recommander \u00e0 l\u2019\u00e9tat-major la pratique d\u2019une guerre prolong\u00e9e, au cours de laquelle il doit y avoir de nombreuses batailles courtes avec des d\u00e9cisions rapides.<\/li>\n<li>Pratiquer une guerre de fronts mobiles: jamais sur des positions ou sur des fronts stables et continus, en particulier pendant les premi\u00e8res et deuxi\u00e8mes phases de la guerre r\u00e9volutionnaire.<\/li>\n<li>Ne pas s\u2019engager dans une double strat\u00e9gie avec des attaques dans deux directions, mais une action et une direction.<\/li>\n<li>Centraliser la d\u00e9cision strat\u00e9gique dans l\u2019\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral, en laissant une grande autonomie au commandement des petites et grandes unit\u00e9s, afin qu\u2019elles s\u2019adaptent, \u00e0 tout moment, \u00e0 la situation tactique la plus propice \u00e0 l\u2019\u00e9conomie de leurs forces.<\/li>\n<li>La gu\u00e9rilla doit \u00eatre un moyen permanent de propagande et d\u2019organisation politique, dans les r\u00e9gions o\u00f9 elle se produit. Elle doit aider les paysans, les ouvriers et les patriotes \u00e0 punir sans rel\u00e2che les manifestations militaristes despotiques de leurs propres rangs.<\/li>\n<li>Les gu\u00e9rilleros doivent punir leur propre banditisme et celui des autres: pratiquer une discipline militaire stricte et n\u00e9cessaire, sans que cela conduise \u00e0 \u00e9riger des commandants qui deviennent des chefs de guerre.<\/li>\n<li>Les gu\u00e9rilleros doivent \u00eatre d\u00e9mocratiques et montrer l\u2019exemple pour gagner en prestige et en population.<\/li>\n<li>Les cadres de la gu\u00e9rilla doivent \u00eatre flexibles: pr\u00e9par\u00e9s politiquement; peu sectaire; dialecticiens sagaces, en politique de guerre.<\/li>\n<li>L\u2019organisation qui dirige un mouvement de lib\u00e9ration doit trouver des alli\u00e9s dans les classes sociales progressistes; l\u2019usage et l\u2019abus de la terreur ne gagnent pas mais perdent de la population.<\/li>\n<li>La gu\u00e9rilla doit progresser, jour apr\u00e8s jour, en augmentant toujours sa force; corrige<strong>r s<\/strong>es erreurs; r\u00e9coltez toujours de nouvelles le\u00e7ons; leurs cadres militaires doivent s\u2019efforcer de sortir de leur niveau primitif, passant sans cesse \u00e0 un niveau tactique et strat\u00e9gique sup\u00e9rieur pour arriver \u00e0 une compr\u00e9hension rationnelle de la politique de la guerre, de la dialectique de la guerre.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En temps de guerre, il faut toujours tenir compte de l&rsquo;interaction entre ses propres forces et celles de l&rsquo;ennemi; entre les op\u00e9rations et les campagnes; entre le repos et l&rsquo;attaque (concentration, dispersion, attaque, d\u00e9fense, avance, retraite, attaque principale et attaque de dispersion, etc.). La guerre doit \u00eatre men\u00e9e en coordonnant des op\u00e9rations qui couvrent tout (arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re) et des op\u00e9rations d\u00e9centralis\u00e9es (arm\u00e9e de gu\u00e9rilla, op\u00e9rant dans la zone ennemie); la guerre de position et la guerre de mouvement doivent \u00eatre synchronis\u00e9es; d\u00e9cision rapide et divertissement; l&rsquo;action doit \u00eatre harmonis\u00e9e entre les grandes et les petites unit\u00e9s; entre les cadres de commandement et les troupes; entre les r\u00e9gions propres et ennemies; entre des zones qui appartenaient et qui ne le sont plus, ou entre des r\u00e9gions frontali\u00e8res et maritimes avec l&rsquo;int\u00e9rieur; les r\u00e9gions chaudes et froides doivent \u00eatre utilis\u00e9es militairement &#8211; en temps voulu: dans la lutte contre l&rsquo;ennemi: puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une guerre politico-militaire, c&rsquo;est essentiel pour remporter la victoire; Il est n\u00e9cessaire d&rsquo;\u00e9tudier les t\u00e2ches effectu\u00e9es dialectiquement de mani\u00e8re ordonn\u00e9e, afin de ne pas prendre de l&rsquo;avance ou du retard dans la r\u00e9alisation des objectifs principaux et secondaires dans un combat ou une bataille.<\/p>\n<h3 class=\"western\">CAT\u00c9GORIES STRAT\u00c9GIQUES<\/h3>\n<p>Les cat\u00e9gories de la pens\u00e9e strat\u00e9gique sont, entre autres, les suivantes: temps, espace, feu, mouvement, nombre, surprise, \u00e9conomie de forces, libert\u00e9 de mouvement, information objective, etc.<\/p>\n<p>Savoir combiner ces cat\u00e9gories, que ce soit en combat offensif ou d\u00e9fensif, r\u00e9side dans l\u2019art de la guerre, le secret de la victoire.<\/p>\n<p>Epaminondas, Alexandre le Grand, Pyrrhus, Hannibal, C\u00e9sar, Fr\u00e9d\u00e9ric II d\u2019Allemagne, Napol\u00e9on et d\u2019autres grands capitaines ont su, par intuition ou par intellection, harmoniser op\u00e9rationnellement les cat\u00e9gories de la pens\u00e9e strat\u00e9gique.<\/p>\n<p>Dans la guerre r\u00e9volutionnaire, plus que dans les guerres nationales ou imp\u00e9rialistes, il existe une autre cat\u00e9gorie essentielle: la population. Eh bien, toute action r\u00e9volutionnaire qui ne conduit pas \u00e0 un gain de population pourrait \u00eatre un succ\u00e8s tactique; mais, en fin de compte, cela se traduira par un \u00e9chec strat\u00e9gique, sans population favorable.<\/p>\n<p>L\u2019usage rationnel de la pens\u00e9e strat\u00e9gique implique que les cat\u00e9gories de guerre doivent \u00eatre connues, en tant que th\u00e9orie de la connaissance pol\u00e9mique, au niveau des cadres sup\u00e9rieurs, interm\u00e9diaires et politiques, tant pour la conduite d\u2019une guerre nationale que pour une r\u00e9volution sociale. La pol\u00e9mologie (science de la guerre) et la praxiologie (m\u00e9thode d\u2019action), donnent aux politiques et aux militaires (qui ne peuvent pas aller s\u00e9par\u00e9ment, mais ensemble dans la guerre r\u00e9volutionnaire), un large champ visuel de la guerre, ses principes et sa caract\u00e9risation. En ce sens, nous dirions que les r\u00e9volutions (bien que presque toutes soient spontan\u00e9es) ne triomphent que lorsqu\u2019elles ont des cadres politiques et strat\u00e9giques, capables de les conduire \u00e0 la victoire militaire, d\u2019abord; \u00e0 la victoire politique, \u00e9conomique et sociale, plus tard. Une r\u00e9volution, dans laquelle tous ses facteurs objectifs et subjectifs sont spontan\u00e9s, est, en g\u00e9n\u00e9ral, vaincue, comme les soul\u00e8vements d\u00e9sorganis\u00e9s et strat\u00e9giques des paysans et des ouvriers, qui se sont produits dans l\u2019histoire universelle.<\/p>\n<p>La gestion flexible et rationnelle, pratique et intellectuelle que les cat\u00e9gories de r\u00e9flexion strat\u00e9gique indiquent, par exemple, que lorsque vous n\u2019\u00eates pas fort en puissance de feu, en nombre de soldats et en armes lourdes, vous devez donner de l\u2019espace, gagner de la population et des gu\u00e9rillas bas\u00e9es sur le temps, pour que les facteurs secondaires (moraux, politiques, etc.) gagnent la guerre \u00e0 la table des n\u00e9gociations diplomatiques ou politiques. En ce qui concerne le facteur temps, en tant que cat\u00e9gorie de base de la guerre, il est important de souligner qu\u2019\u00e0 notre \u00e9poque, presque toutes les guerres r\u00e9volutionnaires ont tendance \u00e0 durer de 5 \u00e0 6 ans, en moyenne, conduisant \u00e0 une n\u00e9gociation politique et diplomatique des conflits. Si le peuple a le moral, une gu\u00e9rilla puissante et une puissante arm\u00e9e de lib\u00e9ration, il d\u00e9cide des n\u00e9gociations avec la paix en sa faveur; si le contraire se produit, la guerre sera perdue ou transform\u00e9e en une mauvaise paix pour les rebelles.<\/p>\n<p>Dans le cas de Saint-Domingue, en 1965, le manque d\u2019espace strat\u00e9gique pour le colonel Caamano, conduit \u00e0 des n\u00e9gociations de paix, l\u2019ennemi ayant atteint par la politique ses objectifs de d\u00e9barquement des \u00abmarines\u00bb, tandis que le peuple dominicain reste sans espoir.<\/p>\n<p>L\u2019analyse des cat\u00e9gories de guerre, leur combinaison et leur opposition dialectique, doit constituer l\u2019\u00e9tude approfondie du r\u00e9volutionnaire, strat\u00e9giquement pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 affronter la force r\u00e9pressive sur les travailleurs, tant sur le front interne (arm\u00e9es cipaye [2]) comme celui du front ext\u00e9rieur (arm\u00e9es imp\u00e9rialistes), qui peut op\u00e9rer contre les insurg\u00e9s, en m\u00eame temps ou successivement (cas de Saint-Domingue ou du Viet-nam). Par cons\u00e9quent, la d\u00e9fense d\u2019une r\u00e9volution ne doit pas \u00eatre laiss\u00e9e \u00e0 l\u2019improvisation, tactiquement et strat\u00e9giquement: il est temps pour les r\u00e9volutionnaires d\u2019en savoir autant sur l\u2019art de la guerre que les meilleurs g\u00e9n\u00e9raux ennemis afin de les vaincre, rationnellement et strat\u00e9giquement, sans faire confiance aux cours d\u2019une guerre r\u00e9volutionnaire aux facteurs spontan\u00e9s, aussi favorables soient-ils.<\/p>\n<p>Une synth\u00e8se sch\u00e9matique des cat\u00e9gories de la pens\u00e9e strat\u00e9gique pourrait \u00eatre \u00e9nonc\u00e9e, de mani\u00e8re concise, dans cet ordre d\u2019id\u00e9es:<\/p>\n<h3 class=\"western\">I. \u2013 QU\u2019EST-CE QU\u2019UNE STRAT\u00c9GIE?<\/h3>\n<p>Le probl\u00e8me de la d\u00e9finition de la guerre totale est si vaste qu\u2019aucun auteur ne s\u2019accorde sur la cat\u00e9gorie ou le concept: strat\u00e9gie. On pourrait soutenir que la strat\u00e9gie \u00e9tudie la guerre dans l\u2019espace, le temps, la population, la nation, la politique internationale, la classe d\u2019armements, la combinaison des campagnes militaires, leur dur\u00e9e et leur objectif politique, la r\u00e9gion, le terrain, la p\u00e9riode de l\u2019ann\u00e9e, etc. En r\u00e9sum\u00e9, la strat\u00e9gie d\u00e9crit le plan g\u00e9n\u00e9ral de guerre, la s\u00e9rie de batailles ou de combats pour atteindre la fin politique propos\u00e9e, ainsi que la dur\u00e9e et l\u2019intensit\u00e9 des rencontres avec l\u2019ennemi, comme une cha\u00eene d\u2019\u00e9v\u00e9nements pr\u00e9vus, tr\u00e8s chers, \u00e9tant la cause des autres.<\/p>\n<p>La strat\u00e9gie est \u00e9galement responsable de l\u2019am\u00e9lioration de la politique et du moral des troupes: inculquer l\u2019enthousiasme et la ferveur aux combattants \u00e0 travers les mandat\u00e9s du peuple; exalter la foi en sa propre id\u00e9ologie comme cause de lutte; stimuler le courage des commandants et la bravoure des troupes; rechercher l\u2019autodiscipline dans la gu\u00e9rilla et la discipline chez les soldats r\u00e9volutionnaires; affirment leur id\u00e9ologie politique, \u00e0 travers des s\u00e9ances d\u2019autocritique, qui balaient les pr\u00e9jug\u00e9s moraux et psychologiques propres \u00e0 la culture, \u00e0 la politique ou \u00e0 la philosophie de l\u2019ennemi. Si la morale est au mat\u00e9riel de guerre comme 3 contre 1, comme le disait Napol\u00e9on, le combattant r\u00e9volutionnaire, il doit \u00eatre pr\u00eat \u00e0 marcher 30 kilom\u00e8tres par jour puis \u00e0 se battre pendant 2 heures, comme les \u00absans culottes\u00bb de Napol\u00e9on, surtout en guerre des gu\u00e9rilleros, \u00e0 front mobile (sans r\u00e9gularit\u00e9 des lignes): \u00e9tal\u00e9 sur tout un territoire national ou continental sous la forme d\u2019une \u00abpeau de l\u00e9opard\u00bb.<\/p>\n<p>Il est difficile de d\u00e9finir la strat\u00e9gie, car c\u2019est la doctrine de la guerre totale: elle n\u00e9cessite par cons\u00e9quent une connaissance absolue, polytechnique, polyvalente et, en m\u00eame temps, pratique, puisqu\u2019il faut la laisser pratiquer pour corriger, chaque jour, les propres erreurs strat\u00e9giques, stimulant ceux de l\u2019ennemi.<\/p>\n<h3 class=\"western\">II. \u2013 QU\u2019EST-CE QU\u2019UNE TACTIQUE?<\/h3>\n<p>La tactique se confond avec la strat\u00e9gie. La tactique, par d\u00e9finition, aurait pour objet de pr\u00e9parer les combats dans un lieu du front de guerre; la strat\u00e9gie, dans tout l\u2019espace strat\u00e9gique; la tactique prend le combat comme une forme isol\u00e9e; la strat\u00e9gie, \u00e9tudie la succession des combats, leurs usages et finalit\u00e9s politiques, g\u00e9ographiques, \u00e9conomiques, etc. strat\u00e9gie et tactique sont combin\u00e9es dans le temps et dans l\u2019espace: la premi\u00e8re est plus li\u00e9e au temps; le second, \u00e0 l\u2019espace.<\/p>\n<p>Clausewitz, lors de la d\u00e9finition des tactiques et de la strat\u00e9gie, d\u00e9clare: \u00ab<i>Deux activit\u00e9s diff\u00e9rentes en d\u00e9coulent: pr\u00e9parer et mener individuellement des rencontres isol\u00e9es et les combiner entre elles pour atteindre l\u2019objectif de guerre. Le premier est appel\u00e9 tactique; la deuxi\u00e8me strat\u00e9gie \u00bb. <\/i>Plus tard, ce th\u00e9oricien de l\u2019art de la guerre d\u00e9finit la tactique et la strat\u00e9gie comme suit:<i> \u00ab\u2026 la tactique enseigne l\u2019utilisation des forces arm\u00e9es dans les rencontres et la strat\u00e9gie l\u2019utilisation des rencontres pour atteindre l\u2019objectif de la guerre<\/i> \u00bb <i>.<\/i> [3].<\/p>\n<p>Dans la guerre totale, la tactique est tr\u00e8s importante: elle indique le type de combat, les moyens et les objectifs: (batailles, campagnes, combats, casernes, commissariats de police, a\u00e9rodrome, espionnage, sabotage, attaques, enl\u00e8vements, gares fluviales, voies ferr\u00e9es ou routes, manifestations, actes de protestation, actes de propagande arm\u00e9e, combats nocturnes, etc.) Une r\u00e9gulation tactique de la guerre r\u00e9volutionnaire est quelque chose qui doit rester secret: elle ne peut pas \u00eatre publique, comme sa strat\u00e9gie. Telles ont \u00e9t\u00e9 les exp\u00e9riences historiques des mouvements de gu\u00e9rilla ces derniers temps, pour ce qui est de garder secrets leurs r\u00e8gles tactiques: il ne faut pas l\u2019\u00e9crire mais l\u2019enregistrer dans la m\u00e9moire du gu\u00e9rillero, afin qu\u2019il n\u2019y ait jamais de preuves contre lui, afin de ne pas donner des informations pr\u00e9cises aux ennemis.<\/p>\n<h3 class=\"western\">III. \u2013 LE TEMPS STRAT\u00c9GIQUE<\/h3>\n<p>Comme toutes choses, la guerre a lieu dans l\u2019espace et dure dans le temps. Cette v\u00e9rit\u00e9, ce truisme, cependant, contient une philosophie pol\u00e9mologique profonde. Clausewitz, analysant la cat\u00e9gorie du temps de guerre, dit: \u201d <i>\u2026 la seule dur\u00e9e du combat suffira \u00e0 faire, progressivement, que la perte de forces exp\u00e9riment\u00e9es subies par l\u2019ennemi atteigne un point o\u00f9 l\u2019objectif politique n\u2019est plus un objectif politique \u00e9quivalent, et \u00e0 ce moment-l\u00e0 donc \u00e0 abandonner le combat\u201d <\/i>[4]. Comme la guerre est une contradiction, une opposition, entre deux arm\u00e9es, deux nations, deux camps, deux blocs ou deux classes sociales (principaux antagonistes), elle r\u00e9sulte de cette dialectique celle des deux p\u00f4les d\u2019une contradiction que l\u2019on d\u00e9veloppe toujours in\u00e9galement par rapport \u00e0 la un autre, en fonction du temps, et tend \u00e0 devenir son oppos\u00e9 absorbant et dominant.<\/p>\n<p>Les \u00c9tats-Unis, par exemple, dans la guerre au Viet-Nam, qui se poursuit dans le temps, subissent une perte de forces morales, politiques, mat\u00e9rielles et humaines, qui les d\u00e9couragent d\u2019atteindre l \u2018\u201d objectif politique \u201d qui les a port\u00e9 \u00e0 la guerre et le porterait \u00e0 la table des n\u00e9gociations de la \u00abpaix honorable\u00bb, pour sortir d\u2019un conflit dont la dur\u00e9e n\u2019est pas per\u00e7ue, convertissant ainsi toutes les victoires tactiques am\u00e9ricaines en une grande d\u00e9faite strat\u00e9gique. Et bien, malgr\u00e9 le fait que les \u00c9tats-Unis puissent occuper l\u2019espace vietnamien, avec ses grandes unit\u00e9s et ses armements lourds, il n\u2019est pas s\u00fbr de gagner une guerre, devant et derri\u00e8re ses arri\u00e8res, qui dure dans le temps, puisque ceux qui ont une population favorable peut durer dans le temps; mais pas ceux qui ne l\u2019avaient pas, m\u00eame la puissante arm\u00e9e am\u00e9ricaine. Le fait que les gu\u00e9rilleros vietnamiens m\u00e8nent une guerre populaire en surface, partout et sur tout le territoire d\u2019un pays, rend l\u2019ennemi puissant dispers\u00e9 dans l\u2019espace, pour pouvoir lui survivre dans le temps, le faisant triompher par la strat\u00e9gie de dur\u00e9e sur la strat\u00e9gie logistique. Cet avantage du g\u00e9n\u00e9ral Temps sur le g\u00e9n\u00e9ral Espace serait encore plus favorable dans le continent latino-am\u00e9ricain, que dans la petite nation vietnamienne, par rapport aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>La cat\u00e9gorie temporelle strat\u00e9gique implique qu\u2019entre deux oppos\u00e9s qui s\u2019interp\u00e9n\u00e8trent, l\u2019un s\u2019use et s\u2019\u00e9puise plus que l\u2019autre, perdant finalement sa volont\u00e9 de r\u00e9sister, son moral au combat, sa capacit\u00e9 \u00e0 poursuivre l\u2019action, souvent en raison d\u2019une d\u00e9moralisation politique de l\u2019arri\u00e8re-pays, comme dans le cas des \u00c9tats-Unis, dont la population n\u2019accompagne pas le gouvernement dans une guerre impopulaire: d\u00e9test\u00e9e par les \u00e9tudiants, les ouvriers et les classes moyennes, par toutes les religions, etc.<\/p>\n<p>Dans cet ordre d\u2019id\u00e9es strat\u00e9giques, Clausewitz a recommand\u00e9 la d\u00e9fense de l\u2019offensive, comme position la plus forte de la guerre, en attendant la perturbation des pouvoirs des forces. Dans le cas de la gu\u00e9rilla, seul le temps peut cr\u00e9er avec elle une grande arm\u00e9e de lib\u00e9ration, jusqu\u2019\u00e0 ce que le grand devienne petit et le petit devienne grand: la gu\u00e9rilla devient une arm\u00e9e victorieuse et la petite zone lib\u00e9r\u00e9e devient une nation ind\u00e9pendante et souveraine. On dirait donc que la gu\u00e9rilla c\u00e8de toujours du terrain, mais seulement pour durer; pour gagner du temps politique; \u00eatre cr\u00e9dit\u00e9 des masses populaires, afin de les mettre en action insurrectionnelle. Enfin, lorsque l\u2019ennemi est d\u00e9moralis\u00e9, \u00e9puis\u00e9, fini, tout le terrain c\u00e9d\u00e9 est r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 \u00e0 la fois; mais o\u00f9 le reste de la population est toujours favorable (comme gu\u00e9rilla) \u00e0 l\u2019arm\u00e9e populaire de lib\u00e9ration. Dans l\u2019ancienne strat\u00e9gie, l\u2019essentiel \u00e9tait de d\u00e9loger l\u2019ennemi de l\u2019espace et de l\u2019occuper dans des batailles frontales, par la force brute; Dans la strat\u00e9gie de la guerre r\u00e9volutionnaire, l\u2019essentiel est de conqu\u00e9rir la population, politiquement, par l\u2019action, des actes arm\u00e9s selon ce qui est voulu et d\u00e9sir\u00e9 par un peuple opprim\u00e9 et exploit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans la guerre populaire, il faut jouer avec l\u2019espace pour durer dans le temps; Il est plus important de d\u00e9truire l\u2019adversaire et de s\u2019\u00e9quiper de ses munitions et de ses armes (en encerclement et en combat d\u2019annihilation), que de prendre des villes ou des r\u00e9gions enti\u00e8res, qui ne pourraient plus tard se tenir dans une grande bataille frontale, faute d\u2019artillerie, d\u2019aviation et de blindage. Un ennemi puissant (avec une \u00e9norme \u00e9conomie de guerre) ne doit jamais avoir la chance de battre une arm\u00e9e populaire dans une grande bataille qui dure des jours ou des semaines. Au contraire, tant que la ville ne dispose pas d\u2019armes lourdes, il faut obtenir des succ\u00e8s courts et nombreux, fuyant les grandes batailles comme la peste.<\/p>\n<h3 class=\"western\">IV. \u2013 L\u2019ESPACE STRAT\u00c9GIQUE<\/h3>\n<p>La guerre r\u00e9volutionnaire a cess\u00e9 d\u2019\u00eatre l\u2019esclave des positions r\u00e9guli\u00e8res, du cadrage g\u00e9om\u00e9trique de l\u2019unit\u00e9 avec l\u2019unit\u00e9 sur le front, \u00e0 droite et \u00e0 gauche, puisque les gu\u00e9rilleros peuvent passer, s\u2019ils le veulent (et c\u2019est toujours leur mission) sur le terrain ennemi, car il marche sur tous les terrains, au moyen de petites unit\u00e9s de combat, \u00e0 la fois en ville et sur le terrain.<\/p>\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, une arm\u00e9e populaire r\u00e9volutionnaire ne doit pas donner, en m\u00eame temps, plusieurs combats ou batailles dans l\u2019espace, comme Hitler avan\u00e7ant, simultan\u00e9ment, vers Moscou (capitale de l\u2019URSS) et vers le Caucase (capitale du p\u00e9trole). Quiconque veut chasser deux li\u00e8vres en m\u00eame temps perdra les deux et leur temps, inutilement.<\/p>\n<p>Pour la gu\u00e9rilla de la campagne ou de la ville, l\u2019important est de se d\u00e9placer rapidement dans l\u2019espace, seul moyen de pouvoir durer dans le temps; en ville, des v\u00e9hicules en constante \u00e9volution; sur le terrain, \u00e9tant deux fois plus rapide que l\u2019ennemi, dans les marches hors route; <b>mobilit\u00e9, rapidit\u00e9, s\u00e9curit\u00e9 et combativit\u00e9<\/b> sont les quatre vertus strat\u00e9giques fondamentales de la gu\u00e9rilla.<\/p>\n<p>Pour vaincre un ennemi puissant, qui serait dans la relation du g\u00e9ant avec le pygm\u00e9e, comme dans le cas de l\u2019arm\u00e9e nord-am\u00e9ricaine et de la gu\u00e9rilla latino-am\u00e9ricaine, il n\u2019y a qu\u2019un seul moyen strat\u00e9gique infaillible, pour obtenir la victoire du peuple: mener la gu\u00e9rilla les 22 millions de kilom\u00e8tres carr\u00e9s que compte l\u2019Am\u00e9rique latine, avec lesquels il n\u2019y aurait jamais un soldat yankee par kilom\u00e8tre carr\u00e9. \u00c9tant dans cette dispersion, le Pentagone serait vaincu, dans le vaste espace strat\u00e9gique latino-am\u00e9ricain, pas m\u00eame avec des armes mais avec des clubs. La guerre se prolongeant dans le temps et s\u2019\u00e9tendant dans l\u2019espace, les gu\u00e9rilleros latino-am\u00e9ricains peuvent et doivent vaincre ensemble les arm\u00e9es imp\u00e9rialistes et les arm\u00e9es cipayes.<\/p>\n<p>Dans la guerre, l\u2019espace et le temps sont strat\u00e9giquement interd\u00e9pendants: lorsqu\u2019une arm\u00e9e est tr\u00e8s forte en forces, en machines de guerre et en puissance de feu, elle essaie de gagner du terrain; Lorsqu\u2019une arm\u00e9e ou une gu\u00e9rilla est extr\u00eamement faible, elle tente de gagner du temps, \u00e9chappant aux barri\u00e8res et aux batailles que propose l\u2019adversaire.<\/p>\n<p>En revanche, lorsqu\u2019une arm\u00e9e est plus nombreuse, plus ses mouvements, ses marches et ses d\u00e9ploiements sont lents. En revanche, une gu\u00e9rilla ou une minuscule arm\u00e9e populaire, soutenue par la population, peut passer, autant de fois qu\u2019elle le souhaite, \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de l\u2019ennemi, se d\u00e9composant en petites unit\u00e9s, capables de marcher sur tous les terrains, comme ce serait le cas de la Gu\u00e9rillas vietnamiens, alg\u00e9riens, cubains, etc. Ceci est possible lorsque la population informe \u00e0 temps des mouvements de l\u2019encerclement ennemi, de la quitter avant qu\u2019elle ne se referme sur la gu\u00e9rilla.<\/p>\n<p>Gagner du temps est strat\u00e9giquement tr\u00e8s important:<\/p>\n<p>a) cela vous permet de vous retirer sur un terrain et une population favorables, puis de passer du combat d\u00e9fensif au combat offensif;<br \/>\nb) attire l\u2019adversaire vers des gorges et des zones o\u00f9 des gu\u00e9rillas s\u00e9par\u00e9es peuvent \u00eatre r\u00e9unies en peu de temps, pour utiliser leur maximum de puissance de choc, d\u2019assaut et de feu;<br \/>\nc) fatigue l\u2019adversaire avec des marches de poursuite sans fin, jusqu\u2019\u00e0 ce que son moral baisse, auquel point la gu\u00e9rilla lance une offensive explosive, encerclant et an\u00e9antissant l\u2019ennemi s\u00e9par\u00e9 de la majeure partie de son arm\u00e9e.<\/p>\n<p>Bref, le temps est dans le combat comme sa dur\u00e9e. La gu\u00e9rilla doit chercher des victoires petites et rapides, pour ne pas perdre sa sup\u00e9riorit\u00e9 \u00e9ph\u00e9m\u00e8re en nombre et tirer contre une puissante arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re, \u00e0 laquelle il ne faut pas donner l\u2019occasion d\u2019une longue bataille, mais une tr\u00e8s courte dans le temps et une petite dans l\u2019espace.<br \/>\nUn groupe de gu\u00e9rilla ne doit pas s\u2019\u00e9tendre trop dans l\u2019espace: son point de s\u00e9paration limite doit \u00eatre donn\u00e9 par pas plus d\u2019une journ\u00e9e de marche entre toutes les colonnes de gu\u00e9rilla s\u00e9par\u00e9es d\u2019une base d\u2019op\u00e9rations afin de remplir le principe strat\u00e9gique de la vie s\u00e9par\u00e9s et combattent ensemble: parce qu\u2019une troupe qui ne participe pas aux combats est comme si elle n\u2019existait pas.<\/p>\n<p>La strat\u00e9gie de gu\u00e9rilla, sur le terrain et en ville, doit pr\u00e9parer des batailles dans de grands espaces et pour un temps de combat tr\u00e8s court, afin d\u2019\u00eatre fort l\u00e0 o\u00f9 l\u2019ennemi est faible, ne lui donnant pas la possibilit\u00e9 de devenir fort avec un combat prolong\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 ce que les r\u00e9serves puissent \u00eatre mobilis\u00e9es. Si cela se produit, la gu\u00e9rilla serait coll\u00e9e au sol: elle serait an\u00e9antie par un adversaire plus puissant en nombre et en feu, d\u00e8s que ses forces pourraient \u00eatre rassembl\u00e9es, si le combat se prolongeait. La strat\u00e9gie sublime d\u2019une gu\u00e9rilla est bas\u00e9e sur la \u201cblitzkrieg\u201d, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle croisse en nombre de forces et de puissance de feu sur son adversaire, en fonction du temps, pour donner de l\u2019espace et le soutien de la population.<\/p>\n<p>Une gu\u00e9rilla urbaine ou rurale, bien dirig\u00e9e tactiquement et strat\u00e9giquement, ne doit pas commettre la maladresse de tomber dans une guerre de position, dans une d\u00e9fense statique, car une petite troupe, qui se d\u00e9fend, subit toujours la loi de l\u2019adversaire, restant clou\u00e9 au sol. Il faut donc \u00eatre en faveur de la guerre de mouvement, des attaques \u00e9clair, de la guerre en surface, pour forcer l\u2019ennemi dans le sens des mouvements voulus par la gu\u00e9rilla, avec lesquels il perdra l\u2019initiative dans les op\u00e9rations: sa libert\u00e9 de mouvement.<\/p>\n<p>Une gu\u00e9rilla r\u00e9volutionnaire doit \u00eatre comme une \u00e9toile filante traversant tous les lieux, mais inaccessible; il doit \u00eatre un moyen de propagande politique constante, pour \u00e9lever le peuple en armes, sur tout le territoire d\u2019un pays. La gu\u00e9rilla est un point rebelle: elle indique que si elle s\u2019arr\u00eate elle sera imm\u00e9diatement encercl\u00e9e, puisque le point n\u2019est pas la surface; doit se d\u00e9placer partout pour laisser des centaines de points rebelles; ainsi la guerre r\u00e9volutionnaire se r\u00e9pandra dans tout l\u2019espace en fonction du temps, de la dur\u00e9e politique et strat\u00e9gique de la gu\u00e9rilla.<\/p>\n<p>Une arm\u00e9e de gu\u00e9rilla est \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la ligne int\u00e9rieure: entour\u00e9e d\u2019un ennemi tr\u00e8s grand et puissant: pire, la gu\u00e9rilla peut, de jour comme de nuit, passer de la ligne int\u00e9rieure \u00e0 la ligne ext\u00e9rieure pour encercler une unit\u00e9 ou une ville dans le champ ennemi qui, si vous les voyez, ils seront encercl\u00e9s comme la ligne int\u00e9rieure et avec moins de puissance de feu et moins de nombres que les gu\u00e9rilleros. Cette fine dialectique de la guerilla transforme le faible en fort en fonction du temps et de l\u2019espace, et vice versa.<\/p>\n<p>Dans une gu\u00e9rilla urbaine, les possibilit\u00e9s de dur\u00e9e et de clandestinit\u00e9 coh\u00e9rente sont en rapport direct avec l\u2019extension plus ou moins parcellaire d\u2019une ville, de la quantit\u00e9 de population favorable dont elle dispose. Dans une petite ville, avec une population de seulement quelques milliers, s\u2019il y a un maximum de population favorable, une gu\u00e9rilla peut op\u00e9rer avec de nombreuses possibilit\u00e9s de succ\u00e8s, notamment dans les guerres insurrectionnelles contre un envahisseur d\u00e9test\u00e9 par tout le peuple.<\/p>\n<p>Une gu\u00e9rilla urbaine doit chercher les \u00abghettos\u00bb prol\u00e9tariens o\u00f9 la population fournit un abri, comme la \u00abCasbah\u00bb d\u2019Alger ou les \u00abghettos\u00bb noirs des villes nord-am\u00e9ricaines. Il y a, cependant, une limitation strat\u00e9gique et politique \u00e0 ces gu\u00e9rilleros: que leur population favorable se termine au-del\u00e0 de la population de couleur, arabe ou noire.<\/p>\n<p>En ce sens, Alger avait deux villes: l\u2019arabe et l\u2019europ\u00e9enne. Les villes nord-am\u00e9ricaines sont deux villes en une: en noir et blanc. En ce sens, la gu\u00e9rilla peut triompher dans une zone \u00e0 population favorable, mais ne progresse pas dans une zone \u00e0 population d\u00e9favorable, o\u00f9, au contraire, elle est trahie par les forces r\u00e9pressives. L\u2019avantage de la \u00abCasbah\u00bb, cependant, \u00e9tait que l\u2019int\u00e9rieur du pays alg\u00e9rien \u00e9tait d\u00e9favorable \u00e0 l\u2019occupant fran\u00e7ais. En revanche, les noirs nord-am\u00e9ricains du \u00abghetto\u00bb urbain, ont une population peu favorable \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du pays nord-am\u00e9ricain. Le n\u00e8gre am\u00e9ricain doit donc \u00eatre lib\u00e9r\u00e9 parall\u00e8lement \u00e0 la guerre de lib\u00e9ration latino-am\u00e9ricaine contre l\u2019imp\u00e9rialisme du dollar. Les \u00abghettos\u00bb noirs nord-am\u00e9ricains constitueront ainsi l\u2019arri\u00e8re-garde populaire favorable aux latino-am\u00e9ricains sur le territoire m\u00eame des \u00c9tats-Unis. La lib\u00e9ration du prol\u00e9taire de couleur nord-am\u00e9ricain est li\u00e9e, politiquement et strat\u00e9giquement, \u00e0 la lib\u00e9ration du \u00abtiers monde\u00bb, en particulier des peuples latino-am\u00e9ricains.<\/p>\n<p>Bref, sur le probl\u00e8me de l\u2019espace urbain strat\u00e9gique, les gu\u00e9rilleros de la ville ne devraient jamais le quitter ni ses \u00abghettos\u00bb ou banlieues, car ils seraient expos\u00e9s \u00e0 \u00eatre immobilis\u00e9s par l\u2019ennemi comme un poisson sur terre. Il faut toujours \u00eatre dans la for\u00eat des maisons: parce qu\u2019\u00e0 quelques p\u00e2t\u00e9s de maisons, plus loin ou plus loin ici, personne ne conna\u00eet personne; C\u2019est, par cons\u00e9quent, une grave erreur strat\u00e9gique d\u2019\u00eatre une gu\u00e9rilla urbaine et d\u2019aller vivre dans une petite maison pr\u00e8s de la ville; m\u00eame si l\u2019on sortait triomphalement d\u2019une cl\u00f4ture, comment retournerait-on \u00e0 la ville dans un espace vide de maisons et avec des routes gard\u00e9es? La gu\u00e9rilla urbaine ne doit pas quitter la ville avant de se rendre \u00e0 la montagne, comme une gu\u00e9rilla qui n\u2019a plus le choix, puisque sa photo est bien connue dans toutes les villes ou la ville o\u00f9 il op\u00e8re.<\/p>\n<h3 class=\"western\">V. \u2013 PRINCIPE DE L\u2019\u00c9CONOMIE DES FORCES<\/h3>\n<p>L\u2019application nationale de ce principe constitue le secret du g\u00e9nie militaire, chez le chef d\u2019une guerre ou d\u2019une r\u00e9volution. Clausewitz souligne le \u201d <i>principe de surveiller en permanence la coop\u00e9ration de toutes les forces ou, en d\u2019autres termes, de veiller constamment \u00e0 ce qu\u2019aucune partie d\u2019entre elles ne reste inactive\u201d, <\/i>indiquant que<i> \u201cle gaspillage des forces est encore pire que leur utilisation inappropri\u00e9e<\/i>\u201c.<\/p>\n<p>Il est \u00e9vident que toute troupe qui n\u2019intervient pas au combat, directement ou indirectement (en tant que r\u00e9serve imm\u00e9diate), est comme si elle n\u2019existait pas. Par cons\u00e9quent, une grande arm\u00e9e peut \u00eatre annul\u00e9e tant qu\u2019elle ne pourra jamais rassembler toutes ses forces, dans le temps et dans l\u2019espace, contre une gu\u00e9rilla rurale ou urbaine. Une guerre est men\u00e9e avec une strat\u00e9gie sublime, lorsque le plus petit camp est, cependant, plus grand, plus fort et plus puissant, \u00e0 l\u2019endroit choisi pour la bataille, que la puissante arm\u00e9e, incapable de rassembler toute sa puissance de feu et de nombre, parce que la gu\u00e9rilla \u00e9chappe \u00e0 toute possibilit\u00e9 que son adversaire ait le temps de lui \u00eatre sup\u00e9rieure dans l\u2019espace qu\u2019elle a choisi pour le bref et rapide combat d\u2019encerclement, d\u2019an\u00e9antissement instantan\u00e9.<\/p>\n<p>Une arm\u00e9e populaire doit planifier ses op\u00e9rations de telle sorte qu\u2019elle soit toujours 2, 3, 4, 5 ou \u2026 plusieurs fois sup\u00e9rieure \u00e0 l\u2019ennemi, en un point donn\u00e9 et pendant un temps tr\u00e8s limit\u00e9, pour l\u2019encercler et s\u2019approvisionner aux d\u00e9pens de ses provisions, armements et munitions. Avec des effectifs et des tirs sup\u00e9rieurs, une gu\u00e9rilla lance le filet: l\u2019adversaire y tombe toujours, si l\u2019op\u00e9ration a \u00e9t\u00e9 bien planifi\u00e9e et que l\u2019information est objective et fra\u00eeche. De cette mani\u00e8re, m\u00eame si l\u2019ennemi est 1000 fois sup\u00e9rieur sur tout le front, par rapport \u00e0 une gu\u00e9rilla rurale ou urbaine, il peut \u00eatre n\u00e9anmoins 5 fois puissant, en un lieu donn\u00e9, tant qu\u2019il ne s\u2019engage pas dans une bataille d\u2019usure,de dur\u00e9e, de d\u00e9fense du terrain; car ce qui lui importe, c\u2019est de d\u00e9truire l\u2019ennemi et de vivre de ses r\u00e9serves logistiques.<\/p>\n<p>En strat\u00e9gie, l\u2019important est de battre l\u2019ennemi sans rassembler ses forces; peu \u00e0 peu; battu s\u00e9par\u00e9ment; un par un; jusqu\u2019\u00e0 ce que le petit c\u00f4t\u00e9 devienne grand et que la corr\u00e9lation des forces en pr\u00e9sence soit perturb\u00e9e. Ce n\u2019est qu\u2019alors, lorsqu\u2019une gu\u00e9rilla est devenue une grande arm\u00e9e de lib\u00e9ration, qu\u2019elle peut mener de grandes op\u00e9rations pour occuper l\u2019espace entre les mains de l\u2019ennemi; Mais si les armes lourdes et l\u2019aviation font d\u00e9faut, la fin de la guerre ne doit pas \u00eatre acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e, au moyen de grandes batailles, car les gu\u00e9rilleros convertis en arm\u00e9e pourraient \u00eatre vaincus en tant qu\u2019arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re: sans marine, sans blind\u00e9s, ni artillerie et aviation. Dans une guerre r\u00e9volutionnaire, l\u2019objectif de classe de la victoire militaire totale d\u00e9cid\u00e9e par les armes n\u2019est pas fondamental, mais secondaire; le but est la paix plut\u00f4t que la victoire; bien que le premier puisse \u00eatre une cons\u00e9quence du second; Mais dans une guerre r\u00e9volutionnaire, la paix est toujours d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 la table des n\u00e9gociations: les g\u00e9n\u00e9raux sont donc oblig\u00e9s d\u2019agir en diplomates, comme cela s\u2019est produit en Indochine, en Alg\u00e9rie, etc.<\/p>\n<p>Le principe de l\u2019\u00e9conomie des forces r\u00e9side dans le fait d\u2019\u00eatre fort et d\u00e9cisif dans le lieu choisi pour le combat, ind\u00e9pendamment d\u2019\u00eatre le c\u00f4t\u00e9 faible. Par cons\u00e9quent, il est n\u00e9cessaire d\u2019avoir plus de performances tactiques dans les forces, gr\u00e2ce \u00e0 une strat\u00e9gie brillante. Surtout, une gu\u00e9rilla r\u00e9volutionnaire doit fonder sa doctrine militaire sur l\u2019entourage et l\u2019an\u00e9antissement de l\u2019ennemi, pour le d\u00e9moraliser, vivre retranch\u00e9 dans ses moyens logistiques et emporter progressivement ses forces mat\u00e9rielles: (armes, soldats, positions strat\u00e9giques, etc. ).<\/p>\n<p>Pour mener \u00e0 bien une strat\u00e9gie correcte, en ce qui concerne le principe de l\u2019\u00e9conomie des forces, il faut partir d\u2019une dialectique de la guerre, bas\u00e9e sur toujours faire le contraire de l\u2019ennemi: s\u2019il avance, recule; s\u2019il se retire, poursuivez-le sans rel\u00e2che; s\u2019il est dispers\u00e9, concentrez-vous pour le battre: unit\u00e9 par unit\u00e9; s\u2019il est fort dans l\u2019espace, abandonnez-le mais gagnez du temps en attirant une population favorable; s\u2019il veut de grandes batailles, donnez-lui des combats courts et explosifs; Si vous voulez une bataille de lignes, faites la guerre en surface, partout et nulle part avec un front fixe.<\/p>\n<p>Employer rationnellement le principe de l\u2019\u00e9conomie des forces est typique d\u2019un commandant victorieux; les \u00abg\u00e9n\u00e9raux buveurs de sang\u00bb ont tendance \u00e0 \u00eatre en faveur de la bataille frontale: la guerre d\u2019affrontement de masse, qui laisse le champ de bataille jonch\u00e9 de cadavres par les deux camps oppos\u00e9s.<\/p>\n<p>Epaminondas battait toujours ses adversaires en nombre inf\u00e9rieur, en g\u00e9n\u00e9ral, mais avec une sensibilit\u00e9 sup\u00e9rieure \u00e0 la place d\u00e9cisive; Hannibal a vaincu les Romains \u00e0 Cannes avec les deux tiers de leurs forces, au moyen d\u2019une brillante man\u0153uvre d\u2019enveloppement; Napol\u00e9on \u00e9tait toujours victorieux tant qu\u2019il pouvait se battre avec une relative sup\u00e9riorit\u00e9 num\u00e9rique, m\u00eame s\u2019il ne l\u2019\u00e9tait pas absolument; il savait rassembler ses troupes \u00e0 l\u2019endroit d\u00e9cisif avec plus de puissance de choc, de feu et de nombre que ses ennemis. Quand il \u00e9tait impossible d\u2019y parvenir \u2013 selon Clausewitz \u2013 il a perdu les batailles de Leipzig, Laon et Waterloo.<\/p>\n<p>Dans la guerre r\u00e9volutionnaire, le principe de l\u2019\u00e9conomie des forces est plus important que dans la guerre des fronts r\u00e9guliers, des arm\u00e9es bas\u00e9es sur de grandes unit\u00e9s. En Alg\u00e9rie, par exemple, pas plus de 40 000 gu\u00e9rilleros urbains et ruraux ont amen\u00e9 une arm\u00e9e avec plus de 600 000 soldats et policiers \u00e0 la table des n\u00e9gociations de paix.<\/p>\n<p>Fidel Castro raconte que lors de la bataille de Guisa, en 1958, l\u2019arm\u00e9e rebelle affronta avec 200 gu\u00e9rilleros, dont 100 novices, quelque 5000 soldats r\u00e9guliers appuy\u00e9s par des chars, l\u2019aviation et l\u2019artillerie, sans pouvoir faire face \u00e0 cette machine de guerre ou expulser les gu\u00e9rilleros de leurs positions.<\/p>\n<p>Dans la guerre r\u00e9volutionnaire, ce qui importe, c\u2019est l\u2019homme et non la machine de guerre. Les Am\u00e9ricains d\u00e9pensent au Viet-Nam environ 25 milliards de dollars EU par an, pour financer l\u2019intervention de leur arm\u00e9e de plus de 500 000 soldats, dot\u00e9e d\u2019un grand luxe d\u2019\u00e9quipements militaires modernes. Cependant, les gu\u00e9rilleros vietnamiens, chaque fois qu\u2019ils le proposent, apparaissent partout et disparaissent comme ils sont apparus, apr\u00e8s avoir vaincu les cipayes et les Yankees, dispers\u00e9s en petites unit\u00e9s, \u00e0 cause de la guerre r\u00e9volutionnaire en surface.<\/p>\n<h3 class=\"western\">VI. \u2013 LIBERT\u00c9 DE MOUVEMENT<\/h3>\n<p>Lorsqu\u2019une force de gu\u00e9rilla entre dans l\u2019attaque, elle doit le faire avec la sup\u00e9riorit\u00e9 du feu et du nombre, afin de ne pas \u00eatre coinc\u00e9e au sol par le feu et la force de l\u2019ennemi, afin de ne pas perdre sa libert\u00e9 de mouvement, une strat\u00e9gie fondamentale de la gu\u00e9rilla, bas\u00e9e sur la mobilit\u00e9 et la surprise. Obliger l\u2019adversaire \u00e0 modifier ses plans op\u00e9rationnels, \u00e0 suivre, sans initiative, les combats impos\u00e9s par la gu\u00e9rilla, c\u2019est avoir, \u00e0 tout moment, la libert\u00e9 d\u2019action. Simuler une feinte d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et attaquer de mani\u00e8re d\u00e9cisive de l\u2019autre, fatiguer l\u2019adversaire dans de longues marches, l\u2019emmener sur le terrain choisi pour l\u2019entourer et l\u2019an\u00e9antir, c\u2019est savoir faire la guerre de mouvement, sans jamais perdre l\u2019initiative, base de la victoire. Esquiver un coup violent de l\u2019ennemi dans un endroit d\u00e9favorable et l\u2019attaquer et l\u2019encercler dans un terrain et une population favorables, c\u2019est conna\u00eetre l\u2019art de la guerre de mouvement, toujours attaquer l\u00e0 o\u00f9 l\u2019adversaire est faible, l\u2019\u00e9viter l\u00e0 o\u00f9 il est fort.<\/p>\n<p>Tous les principes de la guerre sont r\u00e9sum\u00e9s en un seul: <b>conserver l\u2019initiative dans les op\u00e9rations, en utilisant toujours la quantit\u00e9 de forces et le feu appropri\u00e9 pour effectuer une man\u0153uvre rapide d\u2019encerclement et d\u2019an\u00e9antissement de l\u2019adversaire, l\u2019attaquant de mani\u00e8re inattendue.<\/b>. En r\u00e9alit\u00e9, la libert\u00e9 d\u2019action strat\u00e9gique est obtenue sur la base du principe de l\u2019\u00e9conomie des forces, en essayant d\u2019\u00eatre sup\u00e9rieur, dans un temps et un espace, \u00e0 l\u2019endroit choisi pour le combat. Pour \u00eatre fort \u00e0 un point d\u00e9cisif, il faut \u00e9viter la guerre d\u00e9fensive et statique, qui r\u00e9partit les forces avec une profondeur ou une densit\u00e9 \u00e9gale sur tout le front. Au contraire, la dispersion des forces dans un grand secteur permet une concentration dans un autre, \u00e9tant donc forte l\u00e0 o\u00f9 l\u2019ennemi est le plus faible. Parce que la guerre r\u00e9volutionnaire est, dans le cas de la gu\u00e9rilla, une guerre sans fronts fixes, elle lui permet d\u2019\u00eatre plus forte \u00e0 un moment donn\u00e9, simplement parce qu\u2019elle ne peut pas \u00eatre plus forte du tout jusqu\u2019\u00e0 la troisi\u00e8me phase de la guerre r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<p>La dialectique du petit c\u00f4t\u00e9 est de faire le contraire du grand c\u00f4t\u00e9, de pr\u00e9server la libert\u00e9 de mouvement, sans laquelle les gu\u00e9rilleros ne parcourent pas un pays, ne propagent la r\u00e9volution, soul\u00e8vent le peuple en armes et dispersent l\u2019ennemi dans tout le pays. l\u2019espace, afin qu\u2019elle puisse \u00eatre plus forte \u00e0 l\u2019endroit choisi pour le combat offensif.<\/p>\n<p>Contrairement aux guerres de lib\u00e9ration, dans lesquelles les gu\u00e9rilleros ont la libert\u00e9 de mouvement, les grandes puissances nucl\u00e9aires sont neutralis\u00e9es par l\u2019\u00e9quilibre de la terreur atomique. Dans le cas de l\u2019URSS et des USA, la guerre se r\u00e9duit aux d\u00e9clarations explosives et au lancement, en grande pompe, de fus\u00e9es intercontinentales, de satellites artificiels et d\u2019annonces de bombes super-nucl\u00e9aires. Cependant, dans le cas de la \u00abcrise carib\u00e9enne\u00bb, en 1962, les deux puissances nucl\u00e9aires maximales sont parvenues \u00e0 un accord, \u00e9changeant les sites de roquettes Yankee en Turquie contre des roquettes sovi\u00e9tiques \u00e0 Cuba, sans que les Sovi\u00e9tiques en tiennent beaucoup compte aux Cubains. Dans la crise au Moyen-Orient, pendant la \u00abguerre de sept jours\u00bb, entre juifs et arabes, les grandes puissances \u2013 sovi\u00e9tiques et anglo-saxonnes \u2013 n\u2019\u00e9taient que des t\u00e9moins ou des spectateurs, incapable de faire la guerre ou la paix. Cela signifie donc que la libert\u00e9 de mouvement n\u2019est pas appr\u00e9ci\u00e9e par les grandes puissances, mais par les gu\u00e9rilleros qui se d\u00e9placent dans le temps et l\u2019espace, avant d\u2019acc\u00e9der au pouvoir, de devenir un gouvernement, d\u2019avoir des villes, des industries et un espace fixe \u00e0 d\u00e9fendre.<\/p>\n<p>Il est plus facile de passer de la gu\u00e9rilla au premier ministre que de cette position \u00e0 la gu\u00e9rilla, encore une fois. Fidel Castro est moins strat\u00e9giquement libre en tant que chef du gouvernement qu\u2019en tant que commandant de la gu\u00e9rilla dans la Sierra Maestra. Par cons\u00e9quent, l\u2019histoire n\u2019est plus faite par les grandes puissances, avec des armements lourds et des armes nucl\u00e9aires, mais par un homme qui s\u2019est rebell\u00e9 contre les tyrannies, qui a men\u00e9 une guerre r\u00e9volutionnaire pour un espace large et long, o\u00f9 c\u2019est lui qui prend l\u2019initiative de pouvoir mener \u00e0 bien l\u2019Histoire contemporaine.<\/p>\n<p>Strat\u00e9giquement, pour ne pas perdre la libert\u00e9 de mouvement, l\u2019initiative dans les op\u00e9rations, la libert\u00e9 d\u2019action, une gu\u00e9rilla ou une arm\u00e9e de lib\u00e9ration ne doivent pas lib\u00e9rer des villes ou de vastes \u00e9tendues de terre, avant que l\u2019ennemi ne soit tr\u00e8s abattu, d\u00e9moralis\u00e9, \u00e9puis\u00e9, contraint d\u2019entrer en paix, car la guerre est longue et fini avec leurs r\u00e9serves morales et politiques. Dans la guerre r\u00e9volutionnaire, il doit toujours y avoir une libert\u00e9 de mouvement de la part de l\u2019arm\u00e9e de lib\u00e9ration, afin d\u2019avoir le Temps, l\u2019Espace, la Population, le Moral, l\u2019Union G\u00e9n\u00e9rale du Peuple, qui sont plus forts que les g\u00e9n\u00e9raux du Pentagone.<\/p>\n<h3 class=\"western\">VII. \u2013 LA SURPRISE DE L\u2019ATTAQUE<\/h3>\n<p>On a toujours dit que, dans une attaque surprise, le succ\u00e8s \u00e9tait en soi assur\u00e9, car cela constituait la moiti\u00e9 de la victoire. Pour Clausewitz, la surprise signifie, sans exception, le fondement de toutes les entreprises strat\u00e9giques et tactiques; Mais pour le garantir, il est n\u00e9cessaire que les op\u00e9rations soient tenues secr\u00e8tes, men\u00e9es \u00e0 une vitesse extr\u00eame et bien inform\u00e9es de la quantit\u00e9, de la qualit\u00e9 et de la direction ou de la situation de l\u2019ennemi, afin d\u2019obtenir la sup\u00e9riorit\u00e9 absolue du feu et du nombre sur lui. .<\/p>\n<p>La surprise est plus un \u00e9l\u00e9ment tactique qu\u2019un \u00e9l\u00e9ment strat\u00e9gique: un ennemi est surpris dans un petit espace, mais c\u2019est difficile dans tout un vaste territoire, en raison du mouvement des troupes et de la dur\u00e9e de leurs marches dans le temps. La surprise est typique des mouvements rapides, apparaissant l\u00e0 o\u00f9 l\u2019ennemi ne s\u2019y attendait pas, ou atteignant un point devant lui, marchant rapidement sur tous les terrains.<\/p>\n<p>Dans les mouvements de gu\u00e9rilla urbains et ruraux, il faut faire tr\u00e8s attention \u00e0 ce que l\u2019ennemi n\u2019introduise pas d\u2019espions, car la surprise repr\u00e9sente plus de la moiti\u00e9 des succ\u00e8s des combats. Si l\u2019adversaire connaissait le lieu, l\u2019heure (H) et le jour (J) d\u2019une op\u00e9ration de gu\u00e9rilla, elle serait facilement d\u00e9truite, car sa sup\u00e9riorit\u00e9 est tr\u00e8s relative et son inf\u00e9riorit\u00e9 absolue est tr\u00e8s grande. Seul un souterrain coh\u00e9rent peut garantir les op\u00e9rations offensives de gu\u00e9rilla, leur s\u00e9curit\u00e9 et le facteur de surprise en leur faveur, sans lequel ils ne peuvent survivre face \u00e0 une puissante arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re r\u00e9pressive.<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9al pour une gu\u00e9rilla n\u2019est pas seulement de surprendre l\u2019ennemi, mais de le tromper chaque fois qu\u2019il est possible de le faire, de telle sorte qu\u2019il essaie d\u2019\u00eatre fort l\u00e0 o\u00f9 la gu\u00e9rilla ne l\u2019attaque pas, et qu\u2019il ne soit pas pr\u00e9par\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 il va recevoir le coup d\u00e9cisif et surprenant.<\/p>\n<p>Dans une ville, la gu\u00e9rilla doit partir d\u2019une arm\u00e9e op\u00e9rationnelle de pas moins de 50 gu\u00e9rilleros strictement clandestins: une fois qu\u2019elle a commenc\u00e9 ses op\u00e9rations, elle ne doit laisser personne entrer, pendant trois ou quatre mois, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle ait produit une importante population favorable, qui doit \u00eatre hautement filtr\u00e9, jusqu\u2019aux \u00e9chelons de commandement de l\u2019arm\u00e9e de lib\u00e9ration. Pour r\u00e9server la surprise, personne ne doit en savoir plus que ce qui est essentiel pour remplir sa mission, ou conna\u00eetre trop de gens d\u2019action pour bien cloisonner les \u00e9tapes de combat.<\/p>\n<p>Lorsque la guerre r\u00e9volutionnaire atteint son point culminant, dans des moments dramatiques de r\u00e9pression, il s\u2019agit de chercher des informations sur les gu\u00e9rilleros, en arr\u00eatant \u00e0 gauche et \u00e0 droite, afin de trouver le chef de file de l\u2019arm\u00e9e de lib\u00e9ration. Par cons\u00e9quent, nul ne doit en savoir trop, mais seulement ce qui le concerne, pour ne pas ouvrir de br\u00e8ches o\u00f9 l\u2019adversaire entre dans les commandos de la guerre r\u00e9volutionnaire, pour les paralyser d\u2019arrestations, de d\u00e9nonciations et de r\u00e9pressions sanglantes.<\/p>\n<p>Sur le terrain, la surprise d\u00e9pend souvent des marches nocturnes, d\u2019avoir un sac \u00e0 dos qui r\u00e9siste aux munitions et \u00e0 la nourriture pendant quelques jours, en utilisant, au sol, tout ce qui est comestible, et en l\u2019am\u00e9liorant avec les apports du sac \u00e0 dos, La programmation d\u2019un sac \u00e0 dos de gu\u00e9rilla, qui avec l\u2019aide des ressources du terrain dure plusieurs jours, constitue la base de la mobilit\u00e9 de la gu\u00e9rilla, car de cette fa\u00e7on on ne reste pas soumis au terrain, d\u00e9pendant des approvisionnements, comme une arm\u00e9e lourde. La gu\u00e9rilla doit rarement dormir au m\u00eame endroit, \u00e0 la fois en ville et \u00e0 la campagne, pour qu\u2019une mobilit\u00e9 maximale lui donne plus de s\u00e9curit\u00e9, plus de dur\u00e9e face aux forces r\u00e9pressives.<\/p>\n<p>Dans les gu\u00e9rillas rurales, quand il y a d\u00e9j\u00e0 quelques centaines de gu\u00e9rillas, on peut aspirer \u00e0 maintenir une base de gu\u00e9rilla, non pas rigoureusement accroch\u00e9e au sol, mais se d\u00e9pla\u00e7ant librement le long de la ligne int\u00e9rieure d\u2019un massif montagneux et bois\u00e9, ce qui est le plus appropri\u00e9. pour la cr\u00e9ation d\u2019une base de gu\u00e9rilla. Dans les gu\u00e9rillas urbaines, chaque gu\u00e9rilla doit avoir quatre ou cinq domiciles, afin de passer rapidement de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre, en particulier dans la premi\u00e8re phase de la guerre r\u00e9volutionnaire, qui est la plus difficile pour la s\u00e9curit\u00e9, la survie et le combat. Une fois qu\u2019une ville s\u2019est r\u00e9chauff\u00e9e, lorsque les quartiers populaires et autres sont une population favorable, la gu\u00e9rilla doit \u00eatre en leur sein, car il sera difficile pour l\u2019arm\u00e9e ennemie et la police r\u00e9pressive de les appr\u00e9hender. En cons\u00e9quence, Pour produire une population favorable, pour soulever des quartiers entiers contre un r\u00e9gime tyrannique d\u00e9test\u00e9, il faut faire des choses qui conduisent \u00e0 gagner de plus en plus de population: le seul moyen de r\u00e9ussir la guerre r\u00e9volutionnaire, tant en ville qu\u2019\u00e0 la campagne.<\/p>\n<h3 class=\"western\">VIII. \u2013 LA SUP\u00c9RIORIT\u00c9 DU NOMBRE<\/h3>\n<p>En guerre, il ne suffit pas, pour m\u00e9riter la victoire, d\u2019avoir la sup\u00e9riorit\u00e9 absolue du nombre de combattants, mais plut\u00f4t, strat\u00e9giquement, il faut atteindre la sup\u00e9riorit\u00e9 num\u00e9rique en un certain lieu et \u00e0 un certain moment; m\u00eame si c\u2019est pour un temps limit\u00e9, surtout dans le cas d\u2019une arm\u00e9e de gu\u00e9rilla, face \u00e0 une puissante arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re, qui a une sup\u00e9riorit\u00e9 absolue dans tout un pays; mais pas \u00e0 un endroit donn\u00e9, o\u00f9 les gu\u00e9rilleros attaquent avec une superiorit\u00e9 du nombre et de feu, par la surprise.<\/p>\n<p>Pour Clausewitz, \u201c<i>La sup\u00e9riorit\u00e9 num\u00e9rique n\u2019est qu\u2019un des facteurs qui produisent la victoire et que, par cons\u00e9quent, loin d\u2019avoir tout r\u00e9alis\u00e9 ou m\u00eame l\u2019essentiel par sup\u00e9riorit\u00e9 num\u00e9rique, peut-\u00eatre en avons-nous obtenu tr\u00e8s peu, selon la mani\u00e8re dont les circonstances pertinentes varient souvent<\/i>\u201d [5]. Ainsi, par exemple, Fr\u00e9d\u00e9ric II de Prusse a vaincu, \u00e0 la bataille de Leuthen les Autrichiens compos\u00e9 de 80 000 soldats avec 30 000 soldats Prussiens; dans la bataille de Rosbach, il a vaincu 50 000 alli\u00e9s avec 25 000 soldats \u00e0 lui; Napol\u00e9on remporta la bataille de Dresde avec 120 000 Fran\u00e7ais contre 220 000 ennemis; dans l\u2019antiquit\u00e9, Cyrus a vaincu Cr\u00e9sus et ses alli\u00e9s avec de grands nombres inf\u00e9rieurs; \u00e0 son tour, Alexandre le Grand a vaincu les descendants de Cyrus avec une inf\u00e9riorit\u00e9 manifeste des troupes; Hannibal a gagn\u00e9 avec moins de troupes que les Romains, mais avec de meilleures tactiques de man\u0153uvre, dans la c\u00e9l\u00e8bre bataille de Cannas; Dans la guerre r\u00e9volutionnaire moderne, les gu\u00e9rilleros de Fidel Castro \u00e0 cuba, du Sud Viet-Nam et de l\u2019Alg\u00e9rie, triomphent de puissantes arm\u00e9es r\u00e9guli\u00e8res, en nombre inf\u00e9rieur, pire avec sa sup\u00e9riorit\u00e9 dans un endroit choisi pour l\u2019offensive de gu\u00e9rilla. Une arm\u00e9e de lib\u00e9ration, de formations r\u00e9guli\u00e8res l\u00e9g\u00e8res, couvertes par ses propres gu\u00e9rilleros sur le dos de l\u2019ennemi, doit fonder sa doctrine strat\u00e9gique sur la r\u00e9alisation d\u2019une relative sup\u00e9riorit\u00e9 du nombre et du feu, \u00e0 un point donn\u00e9, puisqu\u2019elle a une inf\u00e9riorit\u00e9 absolue dans le monde entier. front de guerre. En termes strat\u00e9giques, une force de gu\u00e9rilla doit essayer de concentrer rapidement, furtivement et habilement une grande force l\u00e0 o\u00f9 l\u2019ennemi est petit; Il faut atteindre une relative sup\u00e9riorit\u00e9, dans le temps et dans l\u2019espace, pour d\u00e9clencher une attaque d\u00e9cisive, rapide, d\u00e9vastatrice, instantan\u00e9e et surprenante. Il doit fonder sa doctrine strat\u00e9gique sur l\u2019obtention d\u2019une sup\u00e9riorit\u00e9 relative du nombre et du feu, \u00e0 un moment donn\u00e9, car il a une inf\u00e9riorit\u00e9 absolue sur tout le front de guerre. En termes strat\u00e9giques, une force de gu\u00e9rilla doit essayer de concentrer rapidement, furtivement et habilement une grande force l\u00e0 o\u00f9 l\u2019ennemi est petit; Il faut atteindre une relative sup\u00e9riorit\u00e9, dans le temps et dans l\u2019espace, pour d\u00e9clencher une attaque d\u00e9cisive, rapide, d\u00e9vastatrice, instantan\u00e9e et surprenante. Il doit fonder sa doctrine strat\u00e9gique sur l\u2019obtention d\u2019une sup\u00e9riorit\u00e9 relative du nombre et du feu, \u00e0 un moment donn\u00e9, car il a une inf\u00e9riorit\u00e9 absolue sur tout le front de guerre. En termes strat\u00e9giques, une force de gu\u00e9rilla doit essayer de concentrer rapidement, furtivement et habilement une grande force l\u00e0 o\u00f9 l\u2019ennemi est petit; Il faut atteindre une relative sup\u00e9riorit\u00e9, dans le temps et dans l\u2019espace, pour d\u00e9clencher une attaque d\u00e9cisive, rapide, d\u00e9vastatrice, instantan\u00e9e et surprenante dans le temps et dans l\u2019espace.<\/p>\n<p>Dans l\u2019art de la guerre, la chance du combat d\u00e9pend de la combinaison, objectivement et subjectivement, des principes tactiques et strat\u00e9giques afin que le pilote le plus brillant m\u00e9rite la victoire, m\u00eame en \u00e9tant le moins fort, en puissance de feu et en nombre, sous forme absolue; mais pas relativement au m\u00eame endroit de la rencontre entre deux forces combattantes.<\/p>\n<p>La corr\u00e9lation des forces en pr\u00e9sence, au point m\u00eame de la bataille, est un facteur d\u00e9cisif: car s\u2019il y a beaucoup de troupes loin de l\u00e0, qui n\u2019interviennent pas, c\u2019est comme si elles n\u2019existaient pas strat\u00e9giquement. Pour une troupe de gu\u00e9rilleros, utiliser toutes les forces est tr\u00e8s important car, sinon, si la gu\u00e9rilla est rare et n\u2019a pas les forces rassembl\u00e9es, elle se pr\u00eate \u00e0 \u00eatre battue s\u00e9par\u00e9ment. Dans cet ordre d\u2019id\u00e9es, \u00e0 la campagne ou en ville, les gu\u00e9rilleros doivent vivre s\u00e9par\u00e9ment (pour avoir plus d\u2019adaptabilit\u00e9 au terrain, pour mieux se ravitailler, pour aboutir \u00e0 un souterrain coh\u00e9rent); mais \u00e0 la condition qu\u2019au moment d\u00e9cisif, tous les gu\u00e9rilleros puissent coop\u00e9rer de mani\u00e8re combattante au m\u00eame endroit ou en des lieux diff\u00e9rents (surtout dans les villes pour disperser fortement l\u2019ennemi,pour \u00eatre plus fort que lui \u00e0 un moment donn\u00e9 et pas du tout).<\/p>\n<p>La force militaire brute, le nombre de soldats, bien que ce soit l\u2019un des facteurs les plus d\u00e9cisifs du combat, ne donne pas de r\u00e9sultat strat\u00e9gique ni pour le feu ni pour la man\u0153uvre, quand il s\u2019agit de troupes compos\u00e9es d\u2019\u00e9l\u00e9ments humains in\u00e9gaux, avec une faible discipline, mauvaise pr\u00e9paration politique, moral bas, maigre combativit\u00e9 tactique et mobilit\u00e9 lente. Dans les gu\u00e9rilleros, la victoire d\u00e9pend de la sup\u00e9riorit\u00e9 de l\u2019ennemi, non pas en nombre, mais en morale, politique, discipline, esprit de sacrifice, vitesse de marche et bonne conduite avec les populations; \u00e0 savoir souffrir de la faim, de la soif, du quartier, de la pluie, de la fatigue, de l\u2019insomnie, etc. Tous ces facteurs subjectifs doivent \u00eatre l\u2019arme secr\u00e8te de la gu\u00e9rilla contre l\u2019arm\u00e9e r\u00e9actionnaire, qui a des facteurs objectifs (sup\u00e9riorit\u00e9 du nombre et du feu) en sa faveur. Dans les guerres r\u00e9volutionnaires,Le moral d\u00e9cide plus de la victoire que du mat\u00e9riel de guerre: enfin, le camp qui dure le plus longtemps, qui r\u00e9siste le plus, qui a le plus de moral au combat, gagne toujours.<\/p>\n<p>Dans les guerres imp\u00e9rialistes et nationales, la victoire est toujours d\u00e9cid\u00e9e par les \u00e9l\u00e9ments primaires: (le feu et le nombre), c\u2019est-\u00e0-dire la masse humaine et l\u2019\u00e9conomie de guerre, la strat\u00e9gie logistique; Mais dans les guerres r\u00e9volutionnaires, ce qui est d\u00e9cisif, enfin, c\u2019est le moral, la politique, la population favorable, la capacit\u00e9 de r\u00e9sister \u00e0 l\u2019infini, face \u00e0 une grande puissance, comme le Viet-Nam face \u00e0 la puissance brute et logistique du Pentagone: incapable de gagner la guerre au moyen de l\u2019\u00e9lectronique, de la marine, de l\u2019aviation, des v\u00e9hicules blind\u00e9s, de l\u2019infanterie r\u00e9guli\u00e8re, des masses d\u2019artillerie, des troupeaux d\u2019h\u00e9licopt\u00e8res, etc.<\/p>\n<p>Le commandant en chef d\u2019une arm\u00e9e r\u00e9pressive, qui fait ses calculs strat\u00e9giques en ne tenant compte que des facteurs quantitatifs de tir et de nombre, est expos\u00e9 \u00e0 la d\u00e9faite, car la performance de ses troupes dans une guerre r\u00e9volutionnaire ne sera pas \u00e9lev\u00e9e, si les gu\u00e9rilleros et leurs unit\u00e9s volantes r\u00e9guli\u00e8res se combinent pour disperser l\u2019adversaire, dans le temps et dans l\u2019espace, \u00e0 la fois dans les montagnes et dans les villes, dans une guerre totale, sans lignes fixes ou continues, mais toujours avec la guerre en surface.<\/p>\n<p>La sup\u00e9riorit\u00e9 num\u00e9rique d\u2019une arm\u00e9e sur une autre est \u00e9crasante lorsqu\u2019elle est fluide, mais elle ne donne pas la victoire lorsqu\u2019une grande arm\u00e9e ne peut se d\u00e9placer devant les op\u00e9rations d\u2019une petite arm\u00e9e, qui l\u2019\u00e9puise peu \u00e0 peu en faisant la \u00abstrat\u00e9gie de l\u2019artichaut\u00bb . A Salamine, la flotte perse, sup\u00e9rieure en nombre \u00e0 la Hellenique, fut vaincue, en 480 (BC), car les navires hell\u00e9niques y utilisaient toute leur puissance de combat avec libert\u00e9 de mouvement.<\/p>\n<p>L\u2019art strat\u00e9gique d\u2019un commandant r\u00e9side, au cours d\u2019une campagne ou au moment d\u2019un combat ou d\u2019une bataille, dans la recherche de la sup\u00e9riorit\u00e9 en nombre et en tir relatif, m\u00eame s\u2019il est absolument inf\u00e9rieur sur chaque front de bataille. \u00c0 cet \u00e9gard, voici quelques concepts du g\u00e9n\u00e9ral von Bernhardi: \u00ab<i>\u2026 infligeant de telles pertes \u00e0 l\u2019adversaire jusqu\u2019\u00e0 ce que sa sup\u00e9riorit\u00e9 num\u00e9rique devienne nulle ou inutilisable<\/i> \u00bb, conduit \u00e0 la conclusion suivante:\u00ab <i>Un g\u00e9n\u00e9ral est capable de compenser la sup\u00e9riorit\u00e9 de l\u2019adversaire, \u00e0 condition que la corr\u00e9lation num\u00e9rique des forces en pr\u00e9sence le laisse , d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, le pouvoir d\u2019infliger des pertes suffisamment fortes pour d\u00e9truire son adversaire<\/i> \u00bb[6]<\/p>\n<p>Pour que la corr\u00e9lation des forces en pr\u00e9sence soit favorable \u00e0 une arm\u00e9e de gu\u00e9rilla, il faut battre s\u00e9par\u00e9ment les fractions de l\u2019arm\u00e9e ennemie; vous devez s\u00e9parer vos forces dans l\u2019espace au moyen de la gu\u00e9rilla sur les surfaces ou comme dans les taches de peau de l\u00e9opard; Il est n\u00e9cessaire de s\u2019infiltrer au travers des interstices de ces spots avec des gu\u00e9rilleros \u00e0 l\u2019arri\u00e8re ennemi; Il est n\u00e9cessaire d\u2019avoir une faible profondeur de troupes en ligne fixe et une forte densit\u00e9 de force dans la place d\u00e9finie pour le combat, mais sans y rester longtemps, une fois l\u2019op\u00e9ration termin\u00e9e; Tous les combattants r\u00e9volutionnaires doivent \u00eatre engag\u00e9s simultan\u00e9ment au m\u00eame endroit et au m\u00eame moment, ou dans des espaces diff\u00e9rents et en m\u00eame temps, pour obtenir de grandes performances strat\u00e9giques:puisque l\u2019utilisation successive ou fractionn\u00e9e d\u2019une petite force (gu\u00e9rilla) la rend plus petite en \u00e9tant dos\u00e9e dans le temps et dans l\u2019espace; la quantit\u00e9 de forces doit \u00eatre ajust\u00e9e \u00e0 l\u2019espace d\u2019une op\u00e9ration militaire, de mani\u00e8re \u00e0 ce qu\u2019un combat circulaire contre l\u2019ennemi soit possible, ou qui donne une victoire totale; une gu\u00e9rilla doit \u00eatre d\u00e9plac\u00e9e le long des lignes internes, pour que, en montagne ou en ville, elle ne soit ni trop lourde (pour ne pas perdre la mobilit\u00e9 strat\u00e9gique), ni trop petite (pour ne pas manquer de sup\u00e9riorit\u00e9 tactique, de feu et de nombre), afin d\u2019avoir toujours la libert\u00e9 de mouvement et d\u2019initiative dans les op\u00e9rations; il faut \u00eatre un gu\u00e9rillero suffisamment mobile et maniable pour pouvoir d\u00e9placer l\u2019avant vers l\u2019arri\u00e8re ennemi, en traversant tout le terrain: se dissoudre parmi la population favorable, ayant, en lui, la gu\u00e9rilla d\u2019arri\u00e8re-garde combin\u00e9e avec la gu\u00e9rilla d\u2019avant-garde; Il faut durer dans l\u2019espace urbain ou montagneux, gagner du temps et une population favorable, quand l\u2019adversaire tend \u00e0 encercler avec une grande sup\u00e9riorit\u00e9 de nombre et de feu; Il faut toujours \u00eatre inform\u00e9 du point faible de l\u2019ennemi, pour tomber sur lui et remporter une et une autre petite victoire, mais une fois ajout\u00e9e, une \u00e0 une, elle donnera la victoire finale; il faut briser les clotures contre les gu\u00e9rilleros en passant entre deux colonnes ennemies largement s\u00e9par\u00e9es (ou en faisant face \u00e0 l\u2019une d\u2019elles avec un feu et un nombre bien sup\u00e9rieurs, dans un combat de nuit); Il faut toujours avoir une id\u00e9e claire de la quantit\u00e9 et de la qualit\u00e9 de ses propres troupes et de celles de l\u2019ennemi, pour ne pas entrer plus que du combat avec 80 \u00e0 90% de chances de victoire; Il faut conserver la plus grande extension possible dans les montagnes dans un cantonnement de gu\u00e9rilla, afin de ne pas \u00eatre surpris et repris par l\u2019ennemi, puisque l\u2019extension permet la dispersion, \u00e0 la fois en ville et sur le terrain, pour donner de la fluidit\u00e9 \u00e0 la gu\u00e9rilla, \u00e0 condition de toujours rassembler vos forces pour combattre ensemble; Toutes les forces disponibles doivent \u00eatre utilis\u00e9es en vue de r\u00e9aliser un plan strat\u00e9gique, afin que toutes coop\u00e8rent, \u00e0 tout moment, pour atteindre cet objectif, sans passivit\u00e9 ni immobilit\u00e9.<\/p>\n<p>Les guerres r\u00e9volutionnaires doivent mobiliser toute la population en armes, pour neutraliser la sup\u00e9riorit\u00e9 num\u00e9rique des soldats ennemis aux multiples gu\u00e9rillas. Pendant la R\u00e9volution fran\u00e7aise de 1789-93, l\u2019arm\u00e9e r\u00e9volutionnaire r\u00e9guli\u00e8re \u00e9tait petite, mais toute soutenue (par 2.551.000 gardes nationaux, qui, comme une vaste gu\u00e9rilla volontaire, \u00e9taient irr\u00e9sistibles avec leurs effectifs sup\u00e9rieurs, sur le champ de bataille, comme \u00e0 Valmy et Jemappes.<\/p>\n<p>Pendant l\u2019Antiquit\u00e9 et le Moyen \u00c2ge, le peuple ne combattait pas, car il \u00e9tait compos\u00e9 de prol\u00e9taires, d\u2019esclaves et de serfs, opprim\u00e9s par des \u00abseigneurs de la guerre\u00bb. Ainsi, dans l\u2019Antiquit\u00e9, sur 1 000 000 d\u2019habitants, tr\u00e8s peu de troupes combattaient (de 14 000 \u00e0 45 000 hommes en Gr\u00e8ce aux 5\u00e8me, 4\u00e8me si\u00e8cle avant JC); au temps de Rome (de 14 \u00e0 63 000 entre le IVe et le IIIe si\u00e8cle avant JC); entre le XIIe et le XVe si\u00e8cle (AD), au Haut Moyen \u00c2ge, le nombre de troupes par million d\u2019habitants, avec une \u00e9conomie de raret\u00e9, ne d\u00e9passait pas 2 000 \u00e0 10 000 hommes; \u00c0 l\u2019\u00e8re du capitalisme d\u00e9velopp\u00e9, la guerre s\u2019est produite en tant qu\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique d\u2019entreprises enracin\u00e9es dans les budgets de guerre. Pendant la Seconde Guerre mondiale de 1939\/45, l\u2019Allemagne a mobilis\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 21% de sa population, soit 17 millions de combattants et assimil\u00e9s de ses 80 millions d\u2019habitants; l\u2019URSS a arm\u00e9 22 millions de soldats (12,8% de sa population de 172 millions d\u2019habitants); Les \u00c9tats-Unis ont mobilis\u00e9 14 millions de soldats (10% de sa population). Il a \u00e9t\u00e9 historiquement d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019apr\u00e8s une mobilisation de plus de 10% de la population d\u2019un pays, la guerre, si elle est longue, est \u00e9conomiquement perdue, en raison de la d\u00e9t\u00e9rioration \u00e9conomique, du manque de nourriture, de mati\u00e8res premi\u00e8res, de la production industrielle, de la faim dans le pays. arri\u00e8re-garde, d\u00e9moralisation, c\u2019est-\u00e0-dire par une d\u00e9faite logistique. L\u2019Allemagne a r\u00e9ussi \u00e0 mobiliser jusqu\u2019\u00e0 21% de sa population simplement parce qu\u2019elle comptait environ 10 millions de travailleurs esclaves d\u2019Europe, rempla\u00e7ant ses travailleurs dans les usines et l\u2019agriculture.<\/p>\n<p>La guerre civile en Espagne (1936\/1939) a \u00e9t\u00e9 perdue par le peuple plus par une d\u00e9faite \u00e9conomique que par une d\u00e9faite militaire; le concours de la faim a pris fin; Eh bien, en mars 1939, s\u2019il y avait eu des ressources, plus d\u2019un demi-million de ba\u00efonnettes restaient encore aux mains du peuple \u2013 sur les fronts central et sud; En revanche, le 18 juillet 1936, sans ba\u00efonnette, avec un bon moral et une excellente politique, le peuple prend d\u2019assaut la caserne: il remporte moralement la premi\u00e8re bataille r\u00e9volutionnaire. Par cons\u00e9quent, dans les guerres r\u00e9volutionnaires, seules les armes et le nombre de soldats l\u2019emportent, mais plut\u00f4t le moral, la politique, l\u2019union populaire et la r\u00e9sistance de fer. Au Viet-Nam, par exemple, les Am\u00e9ricains peuvent se permettre de d\u00e9penser 25 millions de dollars par an, car ce n\u2019est pas beaucoup \u00e9conomiquement pour un pays de 850 000 millions de dette annuell. En revanche, le gouvernement am\u00e9ricain craint de perdre moralement la guerre du Viet-Nam \u00e0 l\u2019arri\u00e8re, face \u00e0 la \u00abr\u00e9bellion noire\u00bb, aux protestations \u00e9tudiantes, aux \u00abhippies\u00bb et \u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u2019opinion d\u00e9favorable \u00e0 la guerre du Vietnam, qui use la morale bourgeoise dans l\u2019arri\u00e8re-garde am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p>Une guerre r\u00e9volutionnaire \u00e0 l\u2019\u00e9chelle continentale, entre l\u2019Am\u00e9rique latine et l\u2019Am\u00e9rique du Nord, aurait ses meilleurs g\u00e9n\u00e9raux, en espace et en Temps, dans la guerre prolong\u00e9e, obtenant ainsi les meilleurs succ\u00e8s d\u00e9moralisants dans l\u2019arri\u00e8re-garde nord-am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p>La sup\u00e9riorit\u00e9 num\u00e9rique de l\u2019arm\u00e9e du Pentagone est strat\u00e9giquement tr\u00e8s relative. Pendant la Seconde Guerre mondiale, sur 8.300.000 combattants am\u00e9ricains des forces op\u00e9rationnelles sp\u00e9cifiques, 600.000 \u00e9taient disponibles en permanence (dans des formations militaires ou en cours de transport), sur les 7.700.000 combattants restants les 2\/3 (5.130.000) appartenaient aux services; c\u2019est-\u00e0-dire que tr\u00e8s peu de soldats \u00e9taient en fait des combattants dans la ligne, dans les forces am\u00e9ricaines.<\/p>\n<p>Il n\u2019y a donc pas lieu de craindre l\u2019arm\u00e9e am\u00e9ricaine: trop bureaucratis\u00e9e, tr\u00e8s bourgeoise, ch\u00e8re en finance (environ 300 millions de dollars US par division pentagonique), qui est un business pour l\u2019industrie lourde, parasite sur le budget de la d\u00e9fense nationale. L\u2019infanterie nord-am\u00e9ricaine se distingue par son absence sur les fronts d\u2019affrontement et d\u2019assaut, lorsqu\u2019elle n\u2019a pas de troupes cipayes \u00e0 employer, puisque la plupart de ses soldats appartiennent aux troupes auxiliaires, aux services, \u00e0 la bureaucratie de l\u2019\u00e9tat-major, aux troupes paramilitaires, etc. \u00c0 l\u2019heure actuelle, sur une division pentagonique de 18 000 hommes, il n\u2019y avait pas plus de deux bataillons de combattants de ligne. Par cons\u00e9quent, pour vaincre la \u00abgrande puissance nord-am\u00e9ricaine\u00bb, qui a les pieds d\u2019argile, il faut la battre en la d\u00e9moralisant par une guerre prolong\u00e9e, une guerre dans un vaste espace, o\u00f9 il n\u2019y a pas d\u2019issue \u00e0 la victoire des divisions pentagoniques, mais \u00e0 une paix impos\u00e9e par les r\u00e9volutionnaires: accept\u00e9e par les imp\u00e9rialistes yankees, en raison de l\u2019\u00e9puisement moral et politique de leurs arri\u00e8res, plut\u00f4t que de leur avant-garde.<\/p>\n<p>La strat\u00e9gie des guerres mat\u00e9rielles, des grandes unit\u00e9s pentagoniques, n\u2019a plus la possibilit\u00e9 de faire l\u2019histoire des conditions voulues par les g\u00e9n\u00e9raux du Pentagone, les diplomates du D\u00e9partement d\u2019\u00c9tat et le \u00abbig business\u00bb de Wall Street. Or, comme toujours, l\u2019histoire est faite par des hommes libres, des peuples h\u00e9ro\u00efques, les classes opprim\u00e9es se sont rebell\u00e9es contre les classes opprimantes et les empires du moment, qui disparaissent dans la dialectique implacable de l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n<p>Quelques hommes, unis dans la pens\u00e9e et l\u2019action, avec un programme de lib\u00e9ration clair et attrayant pour les masses opprim\u00e9es, peuvent, par une action directe, renverser les classes opprimantes de chaque pays et aussi vaincre les forces imp\u00e9rialistes qui viennent de dehors pour les d\u00e9fendre. L\u2019Am\u00e9rique latine a l\u2019espace, la population, les villes, les montagnes, les champs, les raisons, les passions, l\u2019homme et le terrain, les conditions strat\u00e9giques et tactiques appropri\u00e9es pour vaincre les arm\u00e9es des oligarchies des natifs et les divisions du pentagone qui viennent les aider, si les paysans, les ouvriers, les \u00e9tudiants, les intellectuels et les classes moyennes prol\u00e9taris\u00e9es, font un front uni de lib\u00e9ration: pour l\u2019unit\u00e9 latino-am\u00e9ricaine contre l\u2019imp\u00e9rialisme, la r\u00e9forme agraire contre les oligarchies fonci\u00e8res et la d\u00e9fense de la libert\u00e9 et du droit contre les dictatures militaristes.<\/p>\n<p>Les divisions blind\u00e9es, l\u2019aviation de bombardement, les \u00abmarines\u00bb du Pentagone, les troupes de choc d\u2019infanterie, les forces r\u00e9pressives des parachutistes, les charges de police, l\u2019artillerie, la cavalerie, ne peuvent rien contre un peuple opprim\u00e9 et exploit\u00e9, dont la lib\u00e9ration politique, sociale et \u00e9conomique ne peut \u00eatre report\u00e9e davantage au cours de l\u2019histoire. Archim\u00e8de, connaissant scientifiquement les lois de la m\u00e9canique, a d\u00e9clar\u00e9: \u201cdonnez-moi un levier et je soul\u00e8verai le monde\u201d. Dans la guerre r\u00e9volutionnaire, une minuscule gu\u00e9rilla, agissant selon les souhaits politiques de tout un peuple, mais dans des circonstances historiques appropri\u00e9es, peut vaincre les plus grandes arm\u00e9es nationales et imp\u00e9rialistes, m\u00eame si les deux, par la force du nombre et du feu, combattent contre elle sur le m\u00eame front. Vous pourriez dire strat\u00e9giquement:donnez-moi une dictature, un r\u00e9gime qui est assez odieux pour tout le peuple, et avec une bonne politique de lib\u00e9ration et une petite gu\u00e9rilla, je la vaincrai au fil du temps, jusqu\u2019\u00e0 ce que la petite (la gu\u00e9rilla) devienne grande et la grande (l\u2019arm\u00e9e r\u00e9pressive), devient une force dispers\u00e9e et moralis\u00e9e.<\/p>\n<p>Avec une centaine de gu\u00e9rilleros, agissant avec une partie des m\u00e9contents, de la d\u00e9mocratie, de la lutte pour la libert\u00e9, des d\u00e9sirs de tout un peuple, comme dans le cas du Br\u00e9sil, avec le gouvernement de Costa y Silva (d\u00e9test\u00e9 par la bourgeoisie, les ouvriers, les paysans, les intellectuels, les \u00e9tudiants et m\u00eame l\u2019\u00e9glise), si une gu\u00e9rilla ne triomphe pas militairement de l\u2019arm\u00e9e dictatoriale, c\u2019est parce qu\u2019elle a une politique nationale claire, authentique et r\u00e9aliste, sans hypoth\u00e8ques dogmatiques d\u2019aucune sorte, se repr\u00e9sente ainsi que la branche arm\u00e9e du peuple, comme l\u2019espoir national, comme la lumi\u00e8re de la libert\u00e9 au milieu des t\u00e9n\u00e8bres inqui\u00e9tantes et honteuses de la dictature.<\/p>\n<p>La force brute du nombre de soldats et la puissance de feu des armes ne d\u00e9cident pas de la victoire dans les guerres r\u00e9volutionnaires; Ce n\u2019est pas celui qui a le plus d\u2019armes qui gagne, mais celui qui d\u00e9fend les raisons du peuple contre ses oppresseurs et exploiteurs; Donnez-moi donc une poign\u00e9e d\u2019hommes arm\u00e9s de la foi, de la justice, de la libert\u00e9 et de l\u2019esp\u00e9rance de tout un peuple et je vaincrai les plus grandes arm\u00e9es de la terre; donnez-moi une minorit\u00e9 active, intelligente, audacieuse, flexible et arm\u00e9e, o\u00f9 il faut d\u00e9fendre la libert\u00e9 et la justice \u00e9cras\u00e9es par les pr\u00e9toriens: la victoire sera pour la minorit\u00e9 qui, par ses actions, mobilise la grande majorit\u00e9 des masses opprim\u00e9es \u00e0 son secours.<\/p>\n<h3 class=\"western\">IX. \u2013 LA SUP\u00c9RIORIT\u00c9 DU FEU<\/h3>\n<p>Pour une gu\u00e9rilla r\u00e9volutionnaire, l\u2019essentiel est d\u2019\u00eatre toujours plus fort que l\u2019ennemi: d\u2019abord en particulier, \u00e0 un moment donn\u00e9; et puis, en g\u00e9n\u00e9ral, sur tout le th\u00e9\u00e2tre de la guerre, quand tout un peuple est pris en armes, par exemple la pr\u00e9dication, la politique et le prestige de l\u2019arm\u00e9e r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<p>La guerre est un exemple dialectique d\u2019une contradiction dans la pr\u00e9sence, repr\u00e9sent\u00e9e par deux c\u00f4t\u00e9s oppos\u00e9s qui s\u2019interd\u00e9pendent, qui se cherchent, se combattent, s\u2019\u00e9chappent et vont vers un d\u00e9nouement: victorieux seulement pour l\u2019un des pr\u00e9tendants.<\/p>\n<p>\u201c<i>La guerre est le choc des forces oppos\u00e9es les unes aux autres o\u00f9 il en r\u00e9sulte, par cons\u00e9quent que le plus fort non seulement d\u00e9truit l\u2019autre, mais l\u2019entra\u00eene aussi dans son mouvement. Fondamentalement, cela n\u2019admet pas l\u2019action successive des forces, mais la fait plut\u00f4t appara\u00eetre comme le principal droit de la guerre, celui de l\u2019application simultan\u00e9e de toutes les forces destin\u00e9es \u00e0 intervenir dans l\u2019affrontement<\/i> \u00bb[7].<\/p>\n<p>Pour emp\u00eacher une arm\u00e9e puissante de se concentrer contre une petite gu\u00e9rilla, il faut lui donner beaucoup de mobilit\u00e9 sans la fixer au sol, l\u00e0 o\u00f9 l\u2019adversaire pourrait l\u2019encercler et l\u2019an\u00e9antir, ayant l\u00e0 toutes ses forces rassembl\u00e9es, toute sa puissance de nombre et de feu. Une arm\u00e9e r\u00e9volutionnaire doit attaquer et agir partout, ne laissant aucune partie d\u2019un pays dans un \u00e9tat de passivit\u00e9, pour que l\u2019ennemi puissant puisse se disperser, qu\u2019il soit toujours plus faible que les r\u00e9volutionnaires l\u00e0 o\u00f9 ils choisissent de passer \u00e0 l\u2019attaque. La guerre de surface est une guerre politique sans une possible population neutre, mais plut\u00f4t le peuple tout entier en \u00e9tat d\u2019insurrection, sous diff\u00e9rentes formes de guerre r\u00e9volutionnaire; (gr\u00e8ves, manifestations, manifestations \u00e9tudiantes, coups de main, attaques contre les communications ennemies,op\u00e9rations de gu\u00e9rilla \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de l\u2019ennemi, combat de l\u2019arm\u00e9e de lib\u00e9ration dans les zones lib\u00e9r\u00e9es, etc.).<\/p>\n<p>Pour r\u00e9ussir sur le lieu choisi pour le combat, il faut agir de mani\u00e8re d\u00e9cisive, avec une puissance de feu et un nombre plus importants que l\u2019ennemi, en agissant par surprise, afin d\u2019avoir au moins 80% de succ\u00e8s militaire en sa faveur, quand il s\u2019agit d\u2019une arm\u00e9e de lib\u00e9ration r\u00e9volutionnaire, dans des op\u00e9rations avec des groupes de gu\u00e9rilla.<\/p>\n<p>Sous certaines conditions, 250 gu\u00e9rilleros peuvent avoir plus de puissance de feu que 500 soldats r\u00e9guliers s\u2019ils sont attaqu\u00e9s, de mani\u00e8re inattendue, dans une gorge ou dans une longue colonne au-dessus de la jungle et la montent, de mani\u00e8re \u00e0 ce que leur t\u00eate ou leur queue puisse \u00eatre coup\u00e9e. de leur colonne, sans pouvoir se d\u00e9fendre et attaquer, en m\u00eame temps, les 500, du fait d\u2019aller en file indienne, tr\u00e8s loin les uns des autres. En revanche, l\u2019arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re a g\u00e9n\u00e9ralement ses armes sp\u00e9cialis\u00e9es divis\u00e9es: artillerie, cavalerie, armure, aviation, etc. Un d\u00e9tachement ennemi, introduit dans une zone de montagne, sans le soutien de son blindage et de son artillerie, peut \u00eatre d\u00e9truit par deux ou trois d\u00e9tachements de gu\u00e9rilleros s\u2019ils ajoutent une sup\u00e9riorit\u00e9 de feu \u00e0 sa triple puissance de nombre: 61 et 81 mortiers l\u00e9gers, bazookas, canons. l\u00e9ger sans recul, les armes automatiques, les bombes \u00e0 main (plus efficaces \u00e0 courte port\u00e9e que les mortiers, les bazookas et les canons sans recul). Quelques groupes de gu\u00e9rilleros lourds et une infanterie \u00e9quip\u00e9e de bombes manuelles agissant par surprise, peuvent unir l\u2019artillerie et l\u2019infanterie, marchant sur le terrain en tant qu\u2019infanterie, ce que les arm\u00e9es bourgeoises r\u00e9guli\u00e8res ne peuvent pas faire, incapables de marcher sur le terrain, sans laissez leurs armes lourdes \u00e0 l\u2019arri\u00e8re lorsque vous marchez dans des zones de montagne fortement bois\u00e9es.<\/p>\n<p>La puissante sup\u00e9riorit\u00e9 feu des Am\u00e9ricains au Viet-Nam est neutralis\u00e9e par les gu\u00e9rilleros utilisant efficacement le terrain, minant les routes et les villages, creusant des tunnels partout pour \u00e9viter le napalm et les bombardements a\u00e9riens, m\u00eame les paysans font des abris pour leurs buffles. Un peuple qui d\u00e9marre qui fait la guerre aux taupes, qui transpire en creusant, ne saignera pas et ne mourra pas, ce sera toujours un peuple victorieux et h\u00e9ro\u00efque. Face \u00e0 la puissance des usines imp\u00e9rialistes, il n\u2019y a qu\u2019un seul rem\u00e8de contre le feu: creuser, utiliser la terre, ne pas regarder l\u2019espace, r\u00e9pandre la guerre partout, pour la gagner, non par les armes, mais par la dur\u00e9e m\u00eame du conflit, ils d\u00e9moralisent l\u2019ennemi envahisseur qui, le moment venu, n\u2019a plus de r\u00e9serves politiques pour continuer la guerre dont ne veut pas son peuple.<\/p>\n<p>Pour triompher au point d\u00e9cisif, choisi pour le combat d\u2019encerclement et d\u2019an\u00e9antissement, une arm\u00e9e r\u00e9volutionnaire au moment de l\u2019assaut, \u00e0 quelques m\u00e8tres de l\u2019ennemi, embuscade la route, la for\u00eat, etc., ne doit occuper ni trop ni trop peu d\u2019espace , afin que tous les combattants puissent utiliser leur puissance de choc et de feu contre l\u2019adversaire. Ce n\u2019est qu\u2019ainsi que la gu\u00e9rilla grandit aux d\u00e9pens des armes et des fournitures prises \u00e0 l\u2019ennemi au combat, pour participer \u00e0 sa production de guerre, puisque les gu\u00e9rilleros n\u2019ont ni usines ni ateliers; mais avec une strat\u00e9gie brillante, il doit vivre et prosp\u00e9rer avec la logistique de l\u2019adversaire, une arm\u00e9e r\u00e9volutionnaire bien dirig\u00e9e.<\/p>\n<p>Les gu\u00e9rilleros, dans l\u2019assaut, doivent utiliser plus de puissance de feu que l\u2019ennemi, combinant pour eux-m\u00eames, bombes \u00e0 main, artillerie d\u2019infanterie l\u00e9g\u00e8re (61, 81 mortiers, bazookas, canons sans recul, etc.), pour percer devant une infanterie, d\u00e9pourvue d\u2019armes lourdes ou semi-lourdes, isol\u00e9e de l\u2019essentiel de son arm\u00e9e.<\/p>\n<p>La gu\u00e9rilla doit attaquer violemment, avec une \u00e9norme puissance de feu et de nombres, pour que le combat soit tr\u00e8s bref; parce que les munitions ne doivent pas \u00eatre utilis\u00e9es en exc\u00e8s, sinon les gu\u00e9rilleros resteraient ainsi d\u00e9sarm\u00e9s; il faut toujours collecter plus de mat\u00e9riel et de munitions aupr\u00e8s de l\u2019ennemi, \u00e0 travers les si\u00e8ges et les annihilations, que ce qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pens\u00e9 contre lui pour atteindre ces objectifs, \u00e0 la fois dans la guerre de montagne et dans la guerre des villes.<\/p>\n<p>Atteindre une puissance de feu maximale est l\u2019un des facteurs les plus d\u00e9cisifs pour la victoire au combat: parce que la puissance de feu fixe l\u2019ennemi au sol, le d\u00e9moralise et l\u2019an\u00e9antit, permettant, \u00e0 son tour, de man\u0153uvrer au sol alors que l\u2019adversaire est paralys\u00e9. . La gu\u00e9rilla, pour triompher, en ville, en montagne et \u00e0 la campagne, doit toujours rechercher la puissance maximale du nombre et du feu, afin de vivre de l\u2019intendant ennemi, les coupant dans tous les combats, gagner des munitions et des armements.<\/p>\n<p>L\u2019arme automatique id\u00e9ale pour la gu\u00e9rilla devrait \u00eatre une mitraillette 22 avec une grande puissance de feu, avec une port\u00e9e et une efficacit\u00e9, offensive et d\u00e9fensive, pour transporter beaucoup de munitions; mais la gu\u00e9rilla ne doit pas avoir de pr\u00e9f\u00e9rences sur les armes; il doit porter les calibres et les armes de l\u2019ennemi, s\u2019en approvisionner, en vivre, faire la guerre aux d\u00e9pens des budgets et des entrep\u00f4ts de l\u2019adversaire.<\/p>\n<h3 class=\"western\">X.- PRINCIPE DES ARMES COMBIN\u00c9ES<\/h3>\n<p>Il y a quatre grandes p\u00e9riodes historiques de l\u2019armement des techniques de guerre, qui modifient davantage les tactiques militaires que les strat\u00e9gies. Cela peut changer, techniquement, la fa\u00e7on de faire la guerre; mais non, strat\u00e9giquement, car c\u2019est une autre forme de politique; son intensit\u00e9 et sa f\u00e9rocit\u00e9 sont en raison directe de la gravit\u00e9 des conflits politiques entre les nations, les blocs de nations et les classes sociales antagonistes.<\/p>\n<p>Des quatre grandes p\u00e9riodes d\u2019armement au cours de l\u2019histoire, nous pouvons \u00e9noncer ce qui suit:<\/p>\n<p>1) la hache en silex, le brochet, l\u2019\u00e9p\u00e9e, l\u2019arc et les fl\u00e8ches, la baliste et la catapulte, le b\u00e9lier, dans lequel les armes sont propuls\u00e9s par la force musculaire humaine;<br \/>\n2) les armes \u00e0 feu, utilis\u00e9es au XVIe si\u00e8cle de notre \u00e8re, le canon, puis les mousquets, dont la cadence de tir et la port\u00e9e \u00e9taient tr\u00e8s limit\u00e9es, jusqu\u2019\u00e0 la fin du XVIIIe si\u00e8cle;<br \/>\n3) le canon, le fusil, la mitrailleuse, avec un canon ray\u00e9 et une charge de crosse, d\u2019une grande puissance de feu, qui se sont d\u00e9velopp\u00e9s de la fin du XIXe au XXe si\u00e8cle, au cours des deux derni\u00e8res guerres mondiales;<br \/>\n4) les armes atomiques, chimiques et bact\u00e9riologiques, qui peuvent ou non \u00eatre utilis\u00e9es dans une troisi\u00e8me guerre mondiale.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 l\u2019utilisation de l\u2019artillerie avec projectile explosif et pas seulement perforant, les armes ont \u00e9t\u00e9 de toucher un point co\u00efncidant avec sa trajectoire; plus tard, avec le projectile qui explose, les armes ne touchent pas un point mais une surface; Les armes atomiques sont tridimensionnelles: elles d\u00e9truisent et infectent par leur rayonnement, des kilom\u00e8tres cubes et non des m\u00e8tres carr\u00e9s; Les projectiles intercontinentaux sont quadridimensionnels: ils transportent ceux de destruction massive, d\u2019un point \u00e0 un autre sur terre, \u00e0 des vitesses cosmiques, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019ils r\u00e9duisent objectivement l\u2019espace strat\u00e9gique.<\/p>\n<p>Avec des armes unidimensionnelles (fusil, mitrailleuse, \u00e9p\u00e9e, brochet, etc.), un seul point est touch\u00e9: il a peu de pouvoir pour d\u00e9truire les fortifications, attaquer une redoute, arr\u00eater un camion en mouvement, etc. Ainsi, une gu\u00e9rilla rurale ou urbaine qui ne poss\u00e8de que des armes unidimensionnelles aura du mal \u00e0 vaincre, partiellement ou totalement, une arm\u00e9e puissante, \u00e9quip\u00e9e de nombreux v\u00e9hicules blind\u00e9s, artillerie, aviation, c\u2019est-\u00e0-dire avec des armes bidimensionnelles. Par cons\u00e9quent, une gu\u00e9rilla doit s\u2019\u00e9quiper d\u2019armes l\u00e9g\u00e8res unidimensionnelles (fusils, mitraillettes, mitraillettes, fusils, etc.); mais vous devez ajouter une quantit\u00e9 appropri\u00e9e d\u2019armes bidimensionnelles (bombes \u00e0 main, bombes incendiaires antichar, mortiers 61 et 81, bazookas, canons sans recul), qui peuvent \u00eatre port\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9paule, tout-terrain ou dans de petites voitures (en gu\u00e9rilla urbaine) .<\/p>\n<p>L\u2019un des principes de base de l\u2019armement est le suivant: qu\u2019aucune arme ne gagne jamais le combat, en particulier, mais tous, conjointement et harmonieusement, en g\u00e9n\u00e9ral. Un autre des principes de l\u2019armement r\u00e9side dans le fait que toutes les armes sont bas\u00e9es sur le terrain.<\/p>\n<p>Dans les montagnes tr\u00e8s hautes et bois\u00e9es, les armes lourdes sont inutiles: elles ne peuvent pas traverser des pentes abruptes ou traverser le labyrinthe de for\u00eats vierge. Par cons\u00e9quent, une gu\u00e9rilla, \u00e9quip\u00e9e d\u2019armes l\u00e9g\u00e8res et bidimensionnelles, pourra vaincre une arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re, dans la jungle et les hautes montagnes, lorsque cette derni\u00e9re ne pourra pas utiliser sa cavalerie blind\u00e9e (chars); sa cavalerie a\u00e9rienne (h\u00e9licopt\u00e8res difficiles \u00e0 atterrir dans des for\u00eats denses, s\u2019ils sont harcel\u00e9s par des armes antia\u00e9riennes efficaces); artillerie lourde et semi-lourde; l\u2019aviation de combat (si la gu\u00e9rilla utilise bien le terrain, pour \u00e9chapper au bombardement a\u00e9rien). Pas plus d\u2019une compagnie ennemie ne peut traverser les hautes montagnes de la jungle en une seule colonne, car il est n\u00e9cessaire de plonger, car la ligne de marche indienne est tr\u00e8s longue et sa t\u00eate ou sa queue peuvent \u00eatre attaqu\u00e9es par les gu\u00e9rilleros. Ceux-ci pourront triompher dans la ligne int\u00e9rieure (une base de gu\u00e9rilla semi-lib\u00e9r\u00e9e), s\u2019ils concentrent quatre ou cinq compagnies ou colonnes contre l\u2019un des ennemis, qui est tr\u00e8s s\u00e9par\u00e9 des autres.<\/p>\n<p>En \u00e9liminant les armes lourdes et les grandes unit\u00e9s, en fonction du terrain escarp\u00e9 des hautes montagnes bois\u00e9es, la gu\u00e9rilla a deux lois strat\u00e9giques en sa faveur:<br \/>\na) les armes lourdes ennemies contourn\u00e9es (artillerie, armure, etc.);<br \/>\nb) les grandes unit\u00e9s militaires sup\u00e9rieures \u00e0 la compagnie (bataillons, brigades, divisions et corps d\u2019arm\u00e9e), qui sont inop\u00e9rantes contre une gu\u00e9rilla de montagne, qui se d\u00e9place agile et constamment, dans sa ligne interne, sans maintenir un front fixe.<\/p>\n<p>Dans la gu\u00e9rilla urbaine le rendement, le rendement strat\u00e9gique est meilleur: h\u00e9licopt\u00e8res, avions tactiques \u00e0 d\u00e9collage vertical, bombardement a\u00e9ronautique, qui sont actuellement les armes anti-gu\u00e9rilla par excellence au Viet-Nam, et le seront \u00e0 l\u2019avenir, ne peuvent \u00eatre utilis\u00e9s contre une grande ville (o\u00f9 la gu\u00e9rilla domine la rue, la population); mais il ne l\u2019a pas lib\u00e9r\u00e9, pour \u00e9viter son bombardement, son si\u00e8ge strat\u00e9gique, logistique, \u00e9conomique, mais pour le faire capituler par faim. Dans la gu\u00e9rilla urbaine, quand une ville enti\u00e8re prend part au combat, sans lib\u00e9rer d\u00e9finitivement une ville, laissant le gouvernement symbolique \u00e0 l\u2019ennemi, mais ayant le peuple avec la gu\u00e9rilla, l\u2019utilisation de l\u2019artillerie, des blind\u00e9s, de la cavalerie, de l\u2019infanterie, c\u2019est tr\u00e8s dangereux dans la rue, car tous sont des angles d\u2019attaque favorables pour les personnes en armes, que des rues, des fen\u00eatres, des toits, il peut vaincre les forces militaires enferm\u00e9es dans un labyrinthe de rues, dans un labyrinthe, sans issue pour une arm\u00e9e sans soutien populaire.<\/p>\n<p>Strat\u00e9giquement, l\u2019id\u00e9al est de combiner les gu\u00e9rillas rurales, montagnardes et urbaines, simultan\u00e9ment, pour mener l\u2019ennemi vers une vaste guerre en surface afin que lorsqu\u2019il se rend sur le terrain avec toutes ses forces, il perde la ville par un coup de gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019arri\u00e8re. En coordonnant la bataille de la ligne (\u00e0 l\u2019avant-garde sur le terrain et dans les montagnes) avec la bataille de surface (dans les villes et les champs, \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de l\u2019ennemi), r\u00e9side le secret de la victoire dans la guerre r\u00e9volutionnaire, contre les plus grandes arm\u00e9es nationales ou les imp\u00e9rialistes pour leur venir en aide. La guerre \u00e9tant une autre forme de politique, mais par des m\u00e9thodes violentes, ce type de strat\u00e9gie combin\u00e9e ville-campagne doit s\u2019appuyer sur l\u2019alliance des populations urbaines et rurales, dans un front uni de lib\u00e9ration contre les dictatures oligarchiques.<\/p>\n<p>Les gu\u00e9rilleros doivent donc combiner leurs armes (lin\u00e9aires et bidimensionnelles), dans tous les cas. Il y en a une multitude: les fusils de chasse \u00e0 cartouches de balles (qui sont un formidable lance-grenades \u00e0 courte port\u00e9e); fusils, mitraillettes; pompes \u00e0 main; flacons incendiaires (tout le peuple doit savoir les fabriquer, les plus simples, et les jeter, jusqu\u2019\u00e0 ce que la rue bouillonne contre une puissance tyrannique et ill\u00e9gitime); bazookas, mortiers 61 et 81 (pris \u00e0 l\u2019ennemi); canons sans recul; mitrailleuses 50 et autres (dans la guerre de montagne, utilis\u00e9es comme antia\u00e9riens contre des h\u00e9licopt\u00e8res, prises depuis des h\u00e9licopt\u00e8res abattus); des bombes \u00e0 main artisanales ou des bombes \u00e0 main prises \u00e0 l\u2019ennemi (la poudre de feux festifs, en quantit\u00e9 double ou triple que la dynamite, a le m\u00eame effet); comme les armes blind\u00e9es peuvent \u00eatre utilis\u00e9es des bulldozers, des machines routi\u00e8res de diff\u00e9rents types, camions, jeeps et tracteurs avec une protection frontale en b\u00e9ton arm\u00e9 ou avec des toits en acier (barres attach\u00e9es avec un c\u00e2ble d\u2019acier, laissant un voyant \u00e0 tirer); En tant qu\u2019armes d\u2019assaut puissantes, face \u00e0 une tyrannie qu\u2019il vaut la peine de ne plus prendre et de tout risquer contre elle, il y a le transport de carburants liquides: (d\u00e9ton\u00e9 \u00e0 la dynamite: briser la coque des bouteilles de m\u00e9thane et d\u2019ac\u00e9tyl\u00e8ne); la civilisation industrielle urbaine fournit toutes ces armes; ils sont \u00e0 la port\u00e9e du peuple; Il n\u2019a besoin d\u2019une direction r\u00e9volutionnaire, agissant dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de la grande majorit\u00e9 opprim\u00e9e, que lorsqu\u2019il est n\u00e9cessaire de renverser une dictature sanglante, haineuse et criminelle. Il n\u2019a besoin d\u2019une direction r\u00e9volutionnaire, agissant dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de la grande majorit\u00e9 opprim\u00e9e, que lorsqu\u2019il est n\u00e9cessaire de renverser une dictature sanglante, haineuse et criminelle.<\/p>\n<p>Les moyens violents ne se justifient pas contre un r\u00e9gime de prosp\u00e9rit\u00e9, de d\u00e9mocratie et de respect de la personne humaine; Il serait criminel de commettre du terrorisme contre un ordre juridique dans lequel le peuple est le sujet de l\u2019histoire: la violence et l\u2019injustice, politiquement et historiquement, contre la violence et l\u2019injustice des dictatures, ou des invasions imp\u00e9rialistes, comme Saint-Domingue (1965 ), ou la Tch\u00e9coslovaquie, en 1968.<\/p>\n<p>Enfin, nous disons que les armes sont combin\u00e9es et jamais s\u00e9par\u00e9es: pour entrer dans une caserne, l\u2019infanterie irr\u00e9guli\u00e8re des personnes en armes ne suffit pas; il faut ajouter de l\u2019artillerie, des blind\u00e9s (bulldozers d\u00e9pendant des chars, qui cassent les portes et les murs de la caserne, portant des armures de protection); une fois que les chars ouvrent la voie, la ville passe; Vous ne devriez pas d\u00e9penser beaucoup de munitions d\u2019infanterie pour combattre des troupes cantonn\u00e9es; Avec les gens d\u00e9j\u00e0 dans les rues, comme Madrid en 1936, il faut utiliser la menace du feu, des bombes de super-assaut (chars inflammables, explos\u00e9s \u00e0 l\u2019ac\u00e9tyl\u00e8ne et \u00e0 la dynamite, sous des angles divers contre une forteresse). Bref, l\u2019action insurrectionnelle du peuple, quand il se bat pour ses libert\u00e9s bafou\u00e9es, quand il ne peut et ne doit plus souffrir du despotisme, alors, alors seulement,tous les moyens sont bons pour atteindre le pouvoir; renverser la tyrannie ou un militarisme au service de l\u2019imp\u00e9rialisme et des oligarchies. Le pouvoir du peuple est nul s\u2019il est dispers\u00e9: les armes sont combin\u00e9es aux hommes et aux objectifs \u00e0 travers un \u00c9tat-major de la R\u00e9volution, sans lequel la tyrannie de la d\u00e9mocratie l\u2019emporte toujours.<\/p>\n<h3 class=\"western\">XI.- SERVICE D\u2019INFORMATION<\/h3>\n<p>Une arm\u00e9e r\u00e9volutionnaire doit \u00eatre, avant tout, un parti en armes, structur\u00e9 avec une clandestinit\u00e9 coh\u00e9rente cloisonn\u00e9e de branche en branche de combat, sans contacts horizontaux de groupe en groupe, mais avec une coordination verticale, politique et militaire, au niveau d\u00e9partemental, r\u00e9gional, provincial, r\u00e9gional, national. Dans la gu\u00e9rilla urbaine, chaque cellule de combat ne doit pas \u00eatre directement li\u00e9e \u00e0 une autre, mais plut\u00f4t via un service d\u2019information de zone ou de district, afin que l\u2019arm\u00e9e puisse combattre ensemble, vivre s\u00e9par\u00e9ment et que les combattants ne soient pas li\u00e9s, de branche en branche, mais \u00e0 travers l\u2019\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral central.<\/p>\n<p>Pour \u00e9viter des retards dangereux, il faut \u00eatre extr\u00eamement discret \u00e0 tous les niveaux de l\u2019arm\u00e9e r\u00e9volutionnaire: personne ne doit en savoir plus que ce qui est strictement n\u00e9cessaire pour remplir sa mission, de sorte qu\u2019en cas d\u2019arrestations de combattants, il n\u2019y ait pas de \u00abraids\u00bb s\u00e9rieux avec des pertes abondantes de mat\u00e9riel logistique.<\/p>\n<p>La gu\u00e9rilla r\u00e9volutionnaire doit \u00eatre organis\u00e9e en cercles: a) l\u2019\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral central (EMC), dont le sommet ne peut \u00eatre atteint que par le commandement politique (Front de lib\u00e9ration et Conseil de lib\u00e9ration), les commandants des grandes agglom\u00e9rations et r\u00e9gions; b) dans le deuxi\u00e8me cercle, il y a les commandants de branche r\u00e9gionale ou les commandants de zone de la ville, qui connaissent les membres de l\u2019EMC mais leurs subordonn\u00e9s ont un contact direct avec ledit corps sup\u00e9rieur; c) dans le troisi\u00e8me cercle, les milices locales et de comt\u00e9 se forment; mais dont les commandants ne connaissent que le cercle (2) mais pas le cercle (1); d) les commandants locaux et d\u00e9partementaux ou r\u00e9gionaux ne se connaissent pas, sauf par le cercle 2, c\u2019est-\u00e0-dire au niveau provincial ou r\u00e9gional. Le service d\u2019information de l\u2019arri\u00e8re-garde ennemi (SIRE) doit fonctionner parmi tous ces cercles,qui sera connect\u00e9 au Service d\u2019information avanc\u00e9 (SIA) de l\u2019Arm\u00e9e populaire de lib\u00e9ration. Par exemple, si cette arm\u00e9e a lib\u00e9r\u00e9 une zone de montagne, sans tenir fermement l\u2019espace, mais en se d\u00e9pla\u00e7ant, tactiquement et strat\u00e9giquement, en son sein, l\u2019AIS rapporte ce qu\u2019elle voit, depuis sa zone avant, de sa position avanc\u00e9e, telle que le service d\u2019information d\u2019une arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re d\u2019op\u00e9rations. Mais une arm\u00e9e r\u00e9volutionnaire doit \u00eatre victorieuse, avant tout en ayant les yeux et les oreilles du peuple derri\u00e8re son adversaire, en tant que service militaire de renseignement et d\u2019espionnage, pour conna\u00eetre, \u00e0 chaque instant et heure, les intentions, les mouvements, les quantit\u00e9s des troupes et des armements de l\u2019ennemi, pour \u00eatre lui toujours, dans le temps et dans l\u2019espace, sup\u00e9rieur au feu et en nombre, l\u2019attaquant \u00e9tonnamment. Travail d\u2019information,A l\u2019arri\u00e8re ennemi, le SIRE sera aux commandes: r\u00e9parti partout \u00e0 travers l\u2019organisation politique (Front de Lib\u00e9ration) et les organes parall\u00e8les de Pdoer (commissions de lib\u00e9ration locales, provinciales, r\u00e9gionales et nationales), qui exercent le pouvoir clandestinement politiquement, pour laisser le gouvernement ennemi dans un vide d\u00e9connect\u00e9 du peuple.<\/p>\n<p>Si le SIRE indique, avec suffisamment de temps, un encerclement ennemi sur une base de gu\u00e9rilla, le terrain est abandonn\u00e9, de telle sorte que l\u2019adversaire porte un coup dans le vide; Si le SIRE indique que tr\u00e8s peu de troupes r\u00e9pressives anti-gu\u00e9rilla passent par tel ou tel endroit, vers tel endroit et avec de telles intentions, il s\u00e9parerait une embuscade avec quatre ou cinq fois plus de nombre et de puissance de feu qu\u2019elle, l\u2019encerclant et l\u2019an\u00e9antissant, pour grandir. militairement au d\u00e9triment du butin \u2013 la principale source d\u2019approvisionnement logistique pour l\u2019arm\u00e9e de gu\u00e9rilla.<\/p>\n<p>Le SIRE doit \u00eatre introduit partout, pour obtenir des informations v\u00e9ridiques et fra\u00eeches, car les informations qui arrivent en retard sont inutiles militairement. L\u2019information doit passer par deux ou trois branches diff\u00e9rentes: si deux certifient le m\u00eame fait, l\u2019information est bonne; Si elle passe par trois canaux et \u00e0 l\u2019heure, elle est plausible, dans le cas d\u2019informations provenant de l\u2019arri\u00e8re ennemi via les r\u00e9seaux d\u2019information SIRE.<\/p>\n<p>Dans chaque r\u00e9gion, zone, grande ville, province, etc., il doit y avoir un centre d\u2019information (s\u00e9lecteur et classificateur des informations) qui les purifie et les transmet par codes radiot\u00e9l\u00e9phoniques, messages, etc. vers l\u2019EMC de la province, de la r\u00e9gion ou de la base de gu\u00e9rilla. Dans le cas d\u2019une base de gu\u00e9rilla, en montagne, les agents de liaison (personnes qui apportent l\u2019information) et ceux qui la s\u00e9lectionnent (informateurs), doivent \u00eatre s\u00e9par\u00e9s, ne pas se conna\u00eetre, mais fonctionner \u00e0 travers le commandement local ou d\u00e9partemental, qui , \u00e0 son tour, il sera en contact direct avec la base de gu\u00e9rilla. S\u00e9parer le lien, l\u2019information et le transport des fournitures, en branches s\u00e9par\u00e9es, m\u00eame au sein d\u2019une m\u00eame ville, emp\u00eache l\u2019ennemi de d\u00e9couvrir les liens entre la ville et la gu\u00e9rilla,sans quoi il n\u2019y a aucune possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9tendre la guerre r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<p>Le SIRE des villes et villages, \u00e0 proximit\u00e9 de la base de gu\u00e9rilla, doit op\u00e9rer en contact avec le SIA, sans passer par l\u2019\u00e9tat-major provincial ou le commandement de la gu\u00e9rilla, car les informations qui y transitent feraient perdre beaucoup de temps, arriver sans valeur militaire jusqu\u2019\u00e0 la SIA, c\u2019est-\u00e0-dire jusqu\u2019au commandement en chef d\u2019une base de gu\u00e9rilla.<\/p>\n<p>Dans la gu\u00e9rilla urbaine, la SIA \u00e9tudie directement ses objectifs: elle rassemble toutes les informations n\u00e9cessaires, pour que l\u2019EMC planifie les op\u00e9rations, sans faire de faux pas: savoir, objectivement, avant d\u2019agir comme le terrain est, quel est le point faible, combien ils le d\u00e9fendent, etc., etc. Le SIRE, dans la gu\u00e9rilla urbaine, est introduit dans toutes les institutions, police, arm\u00e9e, marine, aviation, minist\u00e8res, d\u00e9fil\u00e9 politique, syndicats, centres sportifs, cercles, clubs, etc., etc., pour recueillir des informations. Par principe, on dit que ce qu\u2019un EMC sait secr\u00e8tement, s\u2019il faut tr\u00e8s peu de temps pour passer de la programmation \u00e0 l\u2019action, l\u2019ennemi aussi. Dans une guerre r\u00e9volutionnaire, une guerre singuli\u00e8rement politique, pour savoir ce qui se passe, est comment\u00e9e, dite et faite,il produit les informations n\u00e9cessaires pour savoir ce qui se passe en faveur ou contre la gu\u00e9rilla. Une arm\u00e9e de lib\u00e9ration, qui donne toujours des confidences vraies et opportunes au SIRE, pourra triompher de ses ennemis, non pas tant \u00e0 cause de son expertise tactique et strat\u00e9gique, mais gr\u00e2ce \u00e0 la collaboration informative de la population favorable: sans amis au sein du peuple, une gu\u00e9rilla ne peut pas prosp\u00e9rer. devenir une arm\u00e9e de lib\u00e9ration. Si la population informe au lieu de rendre compte de l\u2019ennemi, la meilleure gu\u00e9rilla tactique sera vaincue politiquement.Sans amis dans la ville, une gu\u00e9rilla ne peut pas prosp\u00e9rer pour devenir une arm\u00e9e de lib\u00e9ration. Si la population informe au lieu de rendre compte de l\u2019ennemi, la meilleure gu\u00e9rilla tactique sera vaincue politiquement.Sans amis dans la ville, une gu\u00e9rilla ne peut pas prosp\u00e9rer pour devenir une arm\u00e9e de lib\u00e9ration. Si la population informe au lieu de rendre compte de l\u2019ennemi, la meilleure gu\u00e9rilla tactique sera vaincue politiquement.<\/p>\n<p>Un bon service d\u2019information doit avoir toutes sortes de collaborateurs: (gar\u00e7ons, jeunes bergers et paysans; vieillards, jeunes filles qui d\u00e9couvrent tout; pharmaciens, m\u00e9decins, secr\u00e9taires municipaux; professionnels de toutes sortes; marchands de camions; les cultivateurs proches des zones de gu\u00e9rilla, moins m\u00e9fiants (ou qui ne peuvent les emp\u00eacher de traverser les zones de danger); soldats, sous-officiers et officiers de l\u2019ennemi; dans les villes, les plus aptes \u00e0 transporter des pi\u00e8ces sont les balayeurs de rue, les laitiers, des livreurs de toutes sortes, quand il y a beaucoup de ratissage dans les rues, car ils peuvent cacher un morceau de papier entre les bouteilles, etc.<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9al de l\u2019information est de se renseigner deux jours \u00e0 l\u2019avance d\u2019une liste de noms \u00e0 d\u00e9tenir, ou d\u2019une marche ennemie vers tel point et avec tel mat\u00e9riel et nombre de troupes, pour que l\u2019arm\u00e9e de lib\u00e9ration quitte sa place (si la corr\u00e9lation des forces est d\u00e9favorable), soit pour c\u00e9der du terrain et attirer l\u2019ennemi vers un tel endroit, o\u00f9 toutes les forces de gu\u00e9rilla seront rassembl\u00e9es autour de lui de tous c\u00f4t\u00e9s, sans qu\u2019il puisse s\u2019\u00e9chapper, pour s\u2019approvisionner en mat\u00e9riel et \u00e9quipement.<\/p>\n<p>Le SIA et le SIRE, connect\u00e9s en permanence, sont les yeux et les oreilles de l\u2019arm\u00e9e de lib\u00e9ration: s\u2019ils fonctionnent bien, les gu\u00e9rilleros auront plus de victoires que de d\u00e9faites, pouvant ainsi continuer \u00e0 former une grande arm\u00e9e populaire de lib\u00e9ration.<\/p>\n<p>Par principe, le service d\u2019information doit essayer avec son armoire contrefaite, toutes sortes de documents, passeports, etc. les combattants, de changer leurs noms autant de fois que n\u00e9cessaire, afin d\u2019\u00e9chapper \u00e0 la chasse polici\u00e8re. Les timbres de l\u2019ennemi seront tous faits en gravure: un clich\u00e9 est toujours dress\u00e9 pour chaque documentation, timbre et ordre pris \u00e0 l\u2019ennemi; Nous pouvons prendre de vieux papiers et copier les timbres dessus; Il faut avoir la possibilit\u00e9 que la gu\u00e9rilla ait trois ou quatre personnalit\u00e9s: pr\u00eatre, professionnel respectueux, militaire, homme d\u2019affaires, \u00e9tranger, etc.<\/p>\n<p>Bref, le sujet du service d\u2019information est vaste: mais en bref, nous dirons que le lieu d\u2019une op\u00e9ration ne doit jamais \u00eatre r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00e0 personne le jour (J), l\u2019heure (H), ou l\u00e0 o\u00f9 se trouvent les mat\u00e9riels de guerre.<\/p>\n<p>Sans un bon service d\u2019information, dans une guerre r\u00e9volutionnaire, sans que le peuple soit les yeux et les oreilles de la gu\u00e9rilla, \u00e0 l\u2019arri\u00e8re et sur le front ennemi, il y a une possibilit\u00e9 que la gu\u00e9rilla vaincre le soldat r\u00e9gulier: toujours avec plus de puissance et de feu. , que l\u2019arm\u00e9e r\u00e9volutionnaire. Mais si la gu\u00e9rilla est bien inform\u00e9e avec des nouvelles fra\u00eeches, avant qu\u2019elles ne perdent leur validit\u00e9, la petite chose (la gu\u00e9rilla) gagnera toujours gros (l\u2019arm\u00e9e r\u00e9actionnaire). Eh bien, dans les op\u00e9rations, sachant combien d\u2019ennemis il y a, ils peuvent \u00eatre vaincus avec un nombre sup\u00e9rieur et tirer des gu\u00e9rilleros, \u00e0 un moment donn\u00e9 et pour un temps tr\u00e8s limit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par Abraham Guillen traduit par le site le Caf\u00e9 Anarchiste: https:\/\/le-cafe-anarchiste.info\/la-dialectique-de-la-guerre-abraham-guillen\/ Abraham Guillen: (13 mars 1913 \u2013 1er ao\u00fbt 1993), \u00e9tait un \u00e9crivain, \u00e9conomiste et [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":106,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3,5],"tags":[],"class_list":["post-105","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-idees","category-pratique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/autodefense.anarchomachie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/105","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/autodefense.anarchomachie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/autodefense.anarchomachie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/autodefense.anarchomachie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/autodefense.anarchomachie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=105"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/autodefense.anarchomachie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/105\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/autodefense.anarchomachie.org\/index.php\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/autodefense.anarchomachie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=105"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/autodefense.anarchomachie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=105"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/autodefense.anarchomachie.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=105"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}