Ricardo Flores Magón (1874–1922) était un penseur, journaliste et révolutionnaire mexicain dont la philosophie politique a profondément influencé la Révolution mexicaine et le mouvement anarchiste en Amérique latine.
| Thème | Position de Flores Magón |
|---|
| État | À abolir, source d’oppression |
| Église | À rejeter, instrument de domination |
| Propriété privée | À collectiviser |
| Peuple | Acteur central du changement |
| But ultime | Société libertaire, égalitaire et fraternelle |
| Slogan | ¡Tierra y Libertad! |
1. L’anarchisme social et antiautoritaire
Flores Magón s’inspire des grands penseurs anarchistes européens, notamment Bakounine, Kropotkine et Malatesta.
Il rejette :
- l’État, qu’il considère comme un instrument d’oppression ;
- l’Église, qu’il voit comme un moyen de contrôle spirituel et moral ;
- le capitalisme, qui exploite les travailleurs et les paysans.
Il prône une société libre, sans gouvernement ni hiérarchie, fondée sur :
- la coopération volontaire,
- a solidarité communautaire,
- la propriété collective des terres et des moyens de production.
2. L’anticléricalisme et l’anticapitalisme
Magón considère que le clergé et les grands propriétaires fonciers sont les principaux ennemis du peuple mexicain.
Son cri révolutionnaire « ¡Tierra y Libertad! » (« Terre et liberté ») résume bien sa vision :
? La terre pour les paysans qui la travaillent,
? La liberté contre toute domination politique, économique ou religieuse.
3. Le rôle du peuple et la révolution sociale
Pour lui, le changement ne devait pas venir d’un parti ou d’un chef charismatique, mais de l’action directe du peuple.
Il soutient :
- les grèves ouvrières et les insurrections paysannes,
- l’autonomie locale et les communes libres,
- la désobéissance civile face à l’injustice.
Il pensait que seule une révolution sociale totale — et non une simple réforme politique — pouvait libérer le Mexique de la misère et de la tyrannie.
4. Un anarchisme humaniste et moral
Flores Magón n’était pas seulement un agitateur politique, mais aussi un moraliste révolutionnaire.
Il croyait à la bonté naturelle de l’être humain et à la possibilité d’une société fondée sur la justice et l’entraide.
Son idéal était une communauté où chacun contribue selon ses capacités et reçoit selon ses besoins, dans la fraternité.
ORGANISATION:
la Junta Organizadora del PLM ( la junte organisationnelle), fondée et dirigée par Ricardo Flores Magón, a été le principal instrument politique et organisationnel de son mouvement révolutionnaire.
Voici une présentation claire et structurée de sa composition et de son fonctionnement :
Structure de la Junta Organizadora
1. Origine et but
- Fondée en 1905 à Saint Louis (Missouri, États-Unis), par des exilés mexicains opposés à la dictature de Porfirio Díaz.
- Elle était le centre de coordination du mouvement libéral révolutionnaire — un organe clandestin chargé :
- d’organiser les soulèvements armés,
- de diffuser la propagande révolutionnaire,
- et d’unifier les groupes de travailleurs, paysans et intellectuels.
? 2. Composition
La Junta Organizadora n’était pas un parti au sens électoral, mais un noyau dirigeant révolutionnaire, composé de militants engagés, souvent exilés ou emprisonnés.
Les principaux membres :
| Membre | Rôle / Fonction |
|---|---|
| Ricardo Flores Magón | Chef idéologique, rédacteur du journal Regeneración, principal théoricien anarchiste. |
| Enrique Flores Magón | Frère de Ricardo, cofondateur du PLM, organisateur logistique et propagandiste. Antonio I. Villarreal Militant socialiste, responsable militaire dans certains soulèvements. Juan Sarabia Journaliste et idéologue, secrétaire de la Junta. Librado Rivera Collaborateur proche, théoricien anarchiste et co-rédacteur de Regeneración. |
3. Fonctionnement
La Junta fonctionnait de manière clandestine, avec :
- des cellules locales au Mexique et aux États-Unis (surtout au Texas, en Californie et en Arizona) ;
- des correspondants révolutionnaires qui transmettaient des rapports et des fonds ;
- un journal central, Regeneración, qui servait d’organe de communication et d’éducation politique.
Décisions collectives :
Même si Ricardo Flores Magón jouait un rôle moteur, les décisions étaient prises collectivement dans l’esprit de l’autogestion et de l’égalité entre camarades.
? 4. Évolution idéologique
- 1905–1906 : orientation libérale radicale, encore proche du programme républicain (réformes, démocratie, droits ouvriers).
- À partir de 1908 : tournant anarchiste ? rejet total de l’État et de la propriété privée.
Le PLM devient alors un mouvement libertaire, prônant la commune libre, la révolution sociale et la solidarité internationale.
5. Activités principales
- Organisation d’insurrections (1906, 1908, 1911) dans le nord du Mexique, notamment à Baja California.
- Diffusion de Regeneración pour propager les idées libertaires.
- Soutien aux grèves ouvrières et aux mouvements paysans (notamment les Cananea et Río Blanco).
- Solidarité internationale avec les travailleurs américains et anarchistes d’autres pays.
? 6. Fin de la Junta
- Réprimée par le gouvernement américain (sous pression du Mexique).
- Ricardo Flores Magón est arrêté plusieurs fois, puis meurt en prison en 1922.
- Après sa mort, la Junta se désagrège, mais son héritage idéologique survit dans les mouvements anarchistes et zapatistes.

